La Comtesse de Bragada et son grimoire

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jeudi 26 avril 2012

L'épouvantail

« ...Puis vînt la période des semailles. Les oiseaux affamés attendirent que les laboureurs tournassent les talons pour fondre sur les graines. Trois jours durant le même scénario se reproduisit. Un véritable cauchemar. Sitôt le dos tourné, frrrrou! une nuée de volatiles, tous plus friands les uns que les autres déferlaient dans les sillons et picoraient jusqu'à la lie, jusqu'à plus faim.

Ce fut pourquoi je naquis, la dernière matinée de l'hiver la plus bruineuse de mémoire d'épouvantail.

Fier, je l'étais, raide sur mon pied unique, les bras bien écartés, le nez au vent, la tête chapeautée. Là les oiseaux pouvaient commencer à numéroter leurs abattis! Je venais de naître à leur grand dan, pour leur plus profond désespoir.

Au début, les enfants adorèrent jouer avec moi. Plusieurs fois par mois, ils me changeaient ma veste, mon chapeau, mon écharpe.

Mais les enfants grandirent.

Dès lors, les jours se mirent à passer lentement. Les semaines aussi. Les mois également. Les saisons n'en finirent plus. Moi, toujours dressé sur mon pied unique, les bras bien écartés, le nez au vent, la tête chapeauté, qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il cogne, je veillais, seul au milieu des champs.

Pendant qu'au fil du temps mes vêtements fondaient en lambeaux et que mes couleurs se ternissaient j'apercevais au loin les enfants devenus laboureurs courber le dos sous leur labeur. D'enfants, point. De ce fait, il y avait bien longtemps déjà que plus personne ne me voyait, je faisais tellement partie du décor.

Oublié, de l'aurore au crépuscule et du crépuscule à l'aurore. Je finis par détester ma condition d'épouvantail seul au monde. La peur m'envahissait et les nuits surtout étaient pires que tout. Au milieu des hululements, des aboiements lointains et des nuages passant devant la lune, quand toutefois elle était là, il m'arrivait de trembler.

Si bien que je me mis à souhaiter que l'on me fasse brûler.

J'avais eu pour vocation de repousser les oiseaux... au prix d'une solitude éternelle et implacable.

Un matin, après la pire nuit qu'ai pu vivre le monde, un oiseau se posa devant moi et me toisa un long moment.

Je n'osais plus respirer.

Que me voulait-­il?

En même temps j'étais ravi de cet intérêt soudain qu'il me portait, moi qui n'intéressais plus personne depuis tout ce temps que j'étais planté là, cette fameuse dernière matinée d'hiver, cette journée la plus bruineuse de mémoire d'épouvantail.

Il tourna autour de moi plusieurs fois. Presqu'à m'en donner le tournis.

Comme je continuais à ne pas bouger d'un cil, il s'avança et donna un coup de bec dans mon pied unique. Je ne bronchai pas.

Il s'envola alors sur un de mes bras écartés. Tout au bout d'abord. Puis il sautilla par petits bonds vers mon visage.

J'étais pétrifié.

Parvenu à mon oreille, il se mit à siffler. Un la, un si, un ré, quelques bémols, des croches, des noires, des doubles croches. Un véritable concert rien que pour moi. De quoi mettre du baume sur mon vieux cœur d'épouvantail tout abandonné.

Alors arriva un autre oiseau. Puis plusieurs autres de ses copains. Encore un. Ils se posèrent sur mes bras suffisamment écartés pour les recevoir. Et tous se mirent à chanter. Une chorale à l'unisson...

Je revivais par ceux que j'avais rejeté... »

Le vieil épouvantail fatigué roula une larme sur sa joue décolorée tout en regardant devant lui le champ devenu un immense parking de supermarché.

jeudi 22 mars 2012

L'homme au beau coeur

Un jour, dans un village, un jeune homme dans la foule se tenait au milieu d’eux et affirmait avoir le plus beau cœur de toute la vallée.

La multitude s’était approchée du jeune homme et tous étaient d’accord sur ce point : son cœur était parfait ! Aucune égratignure ou plaie sur son cœur et tous étaient unanimes qu’il s’agissait là du plus beau cœur qu’ils n’avaient jamais vus. Le jeune homme était très fier et se vantait encore plus de son beau cœur parfait.

Un beau jour, un vieil homme sorti de la foule et dit :

« Pourquoi ton cœur n’est-il pas aussi beau que le mien ? »

La foule et le jeune homme observaient alors le cœur du vieillard. Il battait puissamment mais était plein de cicatrices et il y avait des morceaux en moins ça et là. Certains morceaux étaient greffés aux endroits où il en manquait. Ils étaient irréguliers et mal ajustés. Les coins étaient déchirés. Il y avait même des endroits où il manquait des morceaux. Les gens regardèrent avec étonnement :

« Comment pouvez-vous dire que votre cœur est le plus beau de tous ? »

Le jeune homme regarda le cœur du vieil homme et vit dans quel état il était et se mit à rire : « Vous plaisantez ? » dit-il.

« Comparez votre cœur au mien. Le mien est parfait et le vôtre est une ruine pleine de cicatrices et de déchirures ! »

« Oui » répondit le vieil homme, « ton cœur est en effet très beau, mais je ne voudrais pas l’échanger avec le vôtre. Regardez, chaque cicatrice représente une personne à qui j’ai donné mon amour. Je déchire alors un morceau de mon cœur et le lui donne et souvent ils me donnent un morceau de leur cœur en retour pour le mettre à la place du mien. Mais les morceaux ne sont pas exactement les mêmes. Les coins sont déchirés, je suis d’accord avec vous, mais cela me rappelle que nous avons partagé de l’amour l’un à l’autre.

Parfois je donne un morceau de mon cœur à quelqu’un d’autre, mais il ne me donne rien en retour. Ce sont les trous que vous voyez là. Donner son amour comporte des risques. C’est pourquoi ces trous me font du mal. Ils restent ouverts. Cela me rappelle que j’ai de l’amour pour ces gens et j’espère alors qu’un jour ils reviendront pour me remplir mon cœur.

« Voilà », continua-t-il, « voyez-vous maintenant ce qu’est la vraie beauté? »

Le jeune homme ne sût que dire et des larmes coulaient le long de ses joues.

Il s’approcha du vieil homme, prit son cœur dans sa main et en déchira un morceau. Il l’offrit au vieillard avec des mains tremblantes. Le vieil homme accepta ce sacrifice et le déposa sur son propre cœur. Il en prit un morceau à son tour pour combler la plaie dans le cœur du jeune homme. Il ne passait pas exactement dans la plaie, il y avait quelques déchirures, mais le jeune homme regarda son cœur qui n’était plus parfait, mais il était beau, beaucoup plus beau qu’auparavant parce que l’amour du vieil homme circulait dans son propre cœur.

Ils se prirent dans les bras et s’en allèrent ensemble.

Par : Francis Joseph Arredondo

lundi 19 mars 2012

Décrocher la lune

Au début, avec mon chat tranquillement lové sur mes genoux, je rêvais de décrocher la lune.

Je voulais tout savoir, tout avoir vu, tout avoir lu, tout avoir dit et même redit .

Tout posséder, tout juger, tout expérimenter.

Tout ressentir, tout éprouver, tout pratiquer.


*****

Je voulais même connaître le néant, le rien, l'absurde.

La frivolité, l'illusion, la fragilité.

Le sérieux, le détaillé, le consciencieux.

L'insouciant, le superficiel, les fanfreluches.


*****

Le fantastique aussi et le banal très quelconque.

Le ridicule et le bizarre si burlesque...


*****

Mais un jour mon chat a déserté. Et j'ai connu le vide, l'absence, l'abandon.

Je suis partie à sa recherche et je l'ai aperçu lascivement endormi sur un croissant de lune.

Alors j'ai assemblé des tiges de bois pour me faire une échelle.

Je les ai accrochées, accrochées, accrochées.

Et j'ai commencé à monter, encore et encore.


*****

Qu'importe de décrocher la lune, pourvu que je rattrape mon chat!

mardi 13 mars 2012

La Balançoire

Tu te souviens?

J'avais 5 ans et toi 6.

Nous venions souvent nous balancer.

Tu regardais sous ma robe qui se soulevait avec le vent et moi je riais à cause des frissons que me déclenchait la balançoire. Mes pieds n'atteignaient pas le sol et tu devais me hisser sur la planche de bois râpée. Souvent ça loupait car tu étais à peine plus grand que moi et nous finissions le menton dans le sable qui sentait le pipi... quand ce n'était pas la balançoire dans le front. Alors nous repartions chacun vers notre maman qui nous appliquait un pansement sur le menton ou une crème bien épaisse sur la bosse.

Tu te souviens, la première fois où nous nous sommes embrassés sur les lèvres, les mains croisées dans le dos, pour savoir comment ça faisait. Nous venions de finir notre goûter et nous en avions encore plein la bouche. Un baiser bien baveux. Beurré de miettes de pain et de lait cru. Il avait du goût... Le goût du revenez-y. Ce que nous avons fait d'ailleurs. Mais après un autre goûter au fromage celui-ci, pour voir s'il avait la même saveur délicieuse...

Tu te souviens aussi, du jour où tu es arrivé avec un œil rougi. Tu t'étais battu avec celui qui avait volé ma gomme. Tu étais mon héros. Je t'avais mis un cataplasme de quelques feuilles moissonnées dans un fossé. Aïe, je m'étais piquée en les cueillant: j'avais ramassé des orties!

Puis tu as déménagé.

L'absence a remplacé nos goûters. Le désert nos baisers baveux...

Mais est-ce toi que j'entends qui revient? Un bouquet d'orties, aïe, à la main? Tu te souviens donc! Tu sais, j'ai grandi, je peux monter toute seule sur la balançoire. Ma jupe se soulève avec le vent et... tu regardes dessous? Alors c'est comme avant... mais en plus grand?

Oh!?...

vendredi 27 janvier 2012

Pourrons nous vivre en paix, un jour sur Terre?

Oui lorsque nous prendrons conscience que nous sommes UN TOUT, interdépendant, tel les cellules d'un corps qui forment un humain, nous humain, avec les animaux, les insectes, la biologie des sols, les océans ..., formons UN TOUT la Terre Mère. Dès lors nous comprendrons que la haine, le jugement, la compétition, l'individualisme ne servent qu'a s'autodétruire. A l'inverse, l'amour, la joie, le partage développeront nos interactions entre humains sans notion de races, de langues, de pays et tout intégré dans l'univers qui nous entoure.

(Human et Terre)

mardi 30 août 2011

Texte attribué à Nelson Mandéla pour son discours d’investiture

La Lumière

" Notre peur la plus profonde n’est pas d’être inaptes.

Notre peur la plus profonde est d’avoir un pouvoir incommensurable.

C’est notre propre lumière, non pas notre noirceur, qui nous effraie le plus."

Nous nous demandons :

- qui suis-je pour être brillant, formidable, plein de talents, fantastique ?

En réalité, pourquoi ne pourrions-nous pas l’être ?

Nous sommes enfants de Dieu. Nous déprécier ne sert pas le monde.

Ce n’est pas une attitude éclairée de se faire plus petit qu’on est pour que les autres ne se sentent pas inquiets.

Nous sommes tous conçus pour briller, comme les enfants.

Nous sommes nés pour manifester la Gloire de Dieu qui est en nous. Cette gloire n’est pas dans quelques-uns. Elle est en nous tous.

Et si nous laissons notre lumière briller, nous donnons inconsciemment aux autres la permission que leur lumière brille.

Si nous sommes libérés de notre propre peur, notre seule présence libère automatiquement les autres de leur peur.

mercredi 2 février 2011

Éducation sans punition ni récompense

La première fois que j'ai entendu parler de l'éducation sans punition ni récompense, j'étais déjà maman de quatre enfants que j'élevais en punitions et récompenses à tour de bras sans le moindre scrupule. J'avais été élevée ainsi et, ma foi, je ne m'en sortais pas si mal. Je ne voyais pas où il pouvait y avoir de la violence, du fait que je ne frappais pas mes enfants. Pour moi, les punitions et les récompenses faisaient des miracles et me permettaient de me faire obéir de mes enfants pour qu'ils filent droit. "Vas dans ta chambre pour réfléchir!", "tu es privé de télévision, d'ordinateur... pendant X temps", "tu n'iras pas au cinéma comme prévu", " pour la peine, tu étendras le linge et tu passeras l'aspirateur!" etc...

Mais comme je crois que les choses qui se présentent sur notre route ne sont jamais là pour rien, je me suis mise à étudier cette bête curieuse venue de l'utopie de quelques cerveaux encore embrumés des vapeurs du peace and love.

Alors que je cherchais tous les indices pour démonter cette philosophie, j'ai découvert un autre monde, une nouvelle façon de voir mes enfants, de communiquer avec eux, (même avec moi). J'ai découvert que les relations avec ses enfants pouvaient être enrichissantes, reposantes, équilibrantes. J'ai retrouvé la confiance en eux, en moi. Mes enfants ont grandi et j'en ai discuté avec eux. Il m'a fallu m'accrocher pour entendre toutes les failles du système punition-récompense car d'un seul coup, je me sentais coupable de ce que j'avais fait. Maintenant mamie, ma petite fille est éduquée sans punition ni récompense depuis sa naissance. Cela fait une réelle différence dans l'éveil, la confiance en elle, la motricité...

À l’attention des parents, grands-parents, oncles, tantes, assistantes maternelles, instituteurs, professeurs, animateurs, copains, copines et tous ceux qui se souviennent avoir été des enfants...

Nous avons tous reçu une éducation de nos parents, éducateurs, qui fut ce qu’elle fut. En dépit de toute leur envie de faire bien, des jugements (quelle qu’en soit la teneur positive ou négative, ils nous enferment dans des programmations) ont fusé, des critiques, presque des prédictions. Parfois même des humiliations, des claques, des fessées, des coups, des punitions, des récompenses. Tout cela nous a laissé un cortège de séquelles dont nous n’avons pas toujours conscience : manque de confiance en soi, agressivité, manque de respect pour soi et les autres, timidité, violence, échecs, souffrances morales et/ou physiques, difficultés d’avoir un enfant...

Souvent nous refaisons le même schéma avec nos enfants ou l’inverse en pensant que c’est mieux.

L’éducation sans punition ni récompense est une piste pour évacuer nos souffrances et nous permettre de nous trouver, de nous aimer, de nous réaliser et par dessus tout d’apprendre l’Amour sans condition.

mercredi 12 janvier 2011

la recette de la tarte à la cerise

la Recette de la tarte aux cerises

Voici, la liste des produits chimiques utilisés pour la fabrication d'une tarte aux cerises de supermarché, depuis le champ de blé jusqu'à l'usine agroalimentaire.

Bon appétit!

Histoire de la Pâte

Pour obtenir la farine, les grains de blé ont été enrobés d'un fongicide avant semis. Pendant sa culture, le blé a reçu de 2 à 6 traitements de pesticides selon les années, 1 traitement aux hormones pour raccourcir les tiges afin d'éviter la verse et 1 dose importante d'engrais: 240 kg d'azote, 100 kg de phosphore et 100 kg de potassium à l'hectare, tout de même ! Le blé moissonné, dans le silo, après récolte, les grains sont fumigés au tétrachlorure de carbone et au bisulfide de carbone, puis arrosés au chlopyriphosméthyl. Pour la mouture, la farine reçoit du chlorure de nitrosyl, puis de l'acide ascorbique, de la farine de fève, du gluten et de l'amylase. Ensuite, il faut faire lever la pâte. La poudre levante est traitée au silicate de calcium et l'amidon est blanchi au permanganate de potassium. Pas de pâte sans corps gras. Ceux-ci reçoivent un antioxydant (pour éviter le rancissement) comme l'hydroxytoluène de butyl et un émulsifiant type lécithine.

Histoire de la Crème

La crème sur laquelle vont reposer les cerises se fait avec des oeufs, du lait, et même de l'huile.

  • Les oeufs proviennent d'un élevage industriel où les poules sont nourries avec des granulés contenant des :

- antioxydants (E300 à E311), - arômes, - émulsifiants: alginate de calcium, - conservateurs : acide formique, - colorants : capsanthéine, - agents liants: lignosulfate - et enfin des appétants : glutamate de sodium, pour qu'elles puissent avaler tout ça.

Elles reçoivent aussi des antibiotiques, bien entendu, et surtout des anticoccidiens. Les oeufs, avant séchage, reçoivent des émulsifiants, des agents actifs de surface comme l'acide cholique et une enzyme pour retirer le sucre du blanc.

  • Le lait provient d'un élevage industriel où les vaches reçoivent une alimentation riche en produits chimiques :

- antibiotiques : flavophospholipol (F712) ou monensin-sodium (F714) - antioxydants : ascorbate de sodium (F301), alphatocophérol de synthèse (F307), buthyl-hydrox-toluène (F321) ou éthoxyquine (E324), - émulsifiants : alginate de propylène-glycol (F405) ou polyéthylène glycol (F496), - conservateurs : acide acétique, acide tartrique (E334), acide propionique (F280) et ses dérivés (F281 à E284), - composés azotés chimiques : urée (F801) ou diurédo-isobutane (F803), - agents liants : stéarate de sodium, - colorants : F131 ou F142 - et enfin des appétants pour que les vaches puissent manger tout ça, comme le glutamate de sodium.

  • Les huiles, quant à elles, ont été :

- extraites par des solvants comme l'acétone, - puis raffinées par action de l'acide sulfurique, - puis lavageà chaud, - neutralisées à la lessive de soude, - décolorées au bioxyde de chlore ou au bichromate de potassium - et désodorisées à 160°C avec du chlorure de zinc. - Enfin, elles ont été recolorées à la curcumine. La crème de la tarte, une fois fabriquée, reçoit des arômes et des stabilisants comme l'acide alginique (E400).

Histoire des Cerises

(complété d'après des éléments de "Aromatherapie" Jean Valnet 1990, Maloine) Les cerisiers ont reçu pendant la saison entre 10 et 40 traitements de pesticides selon les années.

  • Les cerises sont :

- décolorées à l'anhydride sulfureux - et recolorées de façon uniforme à l'acide carminique ou à l'érythrosine. - Elles sont plongées dans une saumure contenant du sulfate d'aluminium - et à la sortie, reçoivent un conservateur comme le sorbate de potassium (E202). Elles sont enfin enduites d'un sucre qui provient de betteraves qui, comme les blés, ont reçu leur bonne dose d'engrais et de pesticides. Ce sucre est extrait par :

- défécation à la chaux et à l'anhydride sulfureux, - puis décoloré au sulfoxylate de sodium, - puis raffiné au norite et à l'alcool isopropylique. - Il est enfin azuré au bleu anthraquinonique.

Par ces traitements, les cerises ayant donc perdu tout leur goût, il est necessaire d'ajouter un parfum artificiel alimentaire. Ce parfum est une recréation synthetique du goût et de l'odeur à partir d'éléments artificiels issus de la chimie du pétrole aux prix de revient extrêmement faibles- par économie d'echelle - en comparaison du parfum naturel de fruit.

L'exemple developpé est ici la cerise, mais de tels composés servent à recréer aussi bien des parfums artificiels de fraise, d'ananas, de framboise, de miel, de caramel, de muguet.. etc.

  • Le parfum artificel de cerise se compose donc des molécules synthetiques (donc à la stéréochimie inversée) suivantes :

- acétate d'ethyle - acéthyl méthylcarbinol - butyrate d'isoamyle - caproate d'ethyle - caprylate d'isoamyle - caprate d'ethyle - butyrate de terpenyle - geraniol - butyrate de geranyl - acetylacetate d'ethyle - heptanoate d'ethyle - aldéhyde benzoique - aldéhyde p-toluique - vanilline - essence artificielle d'amande amère SAP - essence artificielle de girofle Bourbon - essence artificielle de cannelle Ceylan - essence de lie de vin .

ce texte, consacré à "la tarte aux cerises de supermarché" a été rédigé par Claude Bourguignon, un ingénieur agronome qui travailla à l'INRA, avant de quitter l'honorable maison pour cause de désaccord. Spécialiste de la microbiologie des sols, c'est lui qui démontra, pour la première fois, que les sols cultivés à grand renfort d'engrais chimiques et de pesticides, étaient biologiquement ... morts. Tout ce qui fait la vie, et donc la qualité des terres, à savoir les populations microbiennes et fongiques, est détruit par les produits chimiques, conduisant à une perte des nutriments et à l'érosion des sols. Membre de la Société américaine de microbiologie - en France , il n' y a plus aucune chaire de microbiologie des sols, y compris à l'INRA! - Claude Bourguignon a créé avec sa femme le Laboratoire d'analyse microbiologique des sols, qui intervient dans de nombreux pays, pour aider les agriculteurs à retrouver la fertilité de leurs sols.

Dose journalière acceptable: c’est la quantité de poison que nous sommes censés pouvoir ingérer quotidiennement, car si ladite substance n’était pas un poison, il n’y aurait pas besoin d’inventer une DJA!

mercredi 5 janvier 2011

2011

BONNE ANNÉE 2011 À TOUTES ET TOUS.

jeudi 21 octobre 2010

Poème de Charlie Chaplin

Le jour où je me suis aimé pour de vrai

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,

j’ai compris qu’en toutes circonstances,

j’étais à la bonne place, au bon moment.

Et, alors, j’ai pu me relaxer.

Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle Estime de soi.


*****

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,

j’ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance émotionnelle,

n’étaient rien d’autre qu’un signal

lorsque je vais à l’encontre de mes convictions.

Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle Authenticité.


*****

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,

j’ai cessé de vouloir une vie différente

et j’ai commencé à voir que tout ce qui m’arrive

contribue à ma croissance personnelle.

Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle Maturité.


*****

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,

j’ai commencé à percevoir l’abus dans le fait de forcer une situation, ou une personne,

dans le seul but d’obtenir ce que je veux,

sachant très bien que ni la personne ni moi-même

ne sommes prêts et que ce n’est pas le moment.

Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle Respect.


*****

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,

j’ai commencé à me libérer de tout ce qui ne m’était pas salutaire,

personnes, situations, tout ce qui baissait mon énergie.

Au début, ma raison appelait cela de l’égoïsme.

Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle Amour Propre.


*****

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,

j’ai cessé d’avoir peur du temps libre

et j’ai arrêté de faire de grands plans ,

j’ai abandonné les mégaprojets du futur.

Aujourd’hui, je fais ce qui est correct, ce que j’aime,

quand ça me plait et à mon rythme.

Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle Simplicité.


*****

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,

j’ai cessé de chercher à toujours avoir raison

et me suis rendu compte de toutes les fois

où je me suis trompé.

Aujourd’hui, j’ai découvert l’ Humilité.


*****

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,

j’ai cessé de revivre le passé et de me préoccuper de l’avenir.

Aujourd’hui, je vis au présent,

là où toute la vie se passe.

Aujourd’hui, je vis une seule journée à la fois, et ça s’appelle Plénitude.


*****

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,

j’ai compris que ma tête pouvait me tromper et me décevoir ,

mais si je la mets au service de mon cœur,

elle devient un allié très précieux.

Charlie Chaplin

mercredi 22 septembre 2010

Précepte chinois

L'ARGENT

Il peut acheter une maison, mais pas un foyer.

Il peut acheter un lit, mais pas le sommeil.

Il peut acheter une horloge, mais pas le temps.

Il peut acheter un livre, mais pas la connaissance.

Il peut acheter une position sociale, mais pas le respect.

Il peut payer le médecin, mais pas la santé.

Il peut acheter du sang, mais pas la vie.

Il peut acheter du sexe, mais pas l'amour.

Naissance

Par un beau jour ou par une belle nuit, à l'endroit ou à l'envers, un coup d'épaule par-ci, un coup de tête par-là nous écartons les feuilles de chou ou les pétales de rose, suivant une sempiternelle procédure vieille comme le monde et nous poussons notre tout premier cri lors de notre tout premier examen de passage. Voilà! Nous sommes nés. Une bonne chose de faite.

Quoique!

À peine sorti des langes et du sein de notre mère, nous nous emparons des valises familiales dans lesquelles s'enchevêtre une kyrielle d'habits ancestraux, souvent trop petits ou trop grands et généralement démodés. Malgré tout, nous nous en vêtons, c'est notre héritage. Puis nous traçons la route.

Une route au mille reflets merveilleux, que nous voyons biscornue et parfois même accidentée, coincés que nous sommes aux entournures dans nos habits poussiéreux.

Maintenant sortons les mouchoirs, c'est le moment de pleurer, d'en vouloir à la vie que nous disons si difficile, aux autres qui ne nous comprennent pas et à « la faute à pas de chance » qui nous fait déraper.

Serait-ce le moment de se demander si l'on a fait le bon choix: victime ou responsable?

lundi 21 juin 2010

Éducation non violente, sans punition ni récompense.

Moi qui croyais que cette notion de "sans punition ni récompense" était récente, en fait, j'ai découvert qu'au XIXe siècle, le philosophe Jean-Marie Guyau avait écrit le livre: esquisse d'une morale sans obligation ni sanction. Cela dit, Rabelais au XVIe siècle parlait déjà de l'abbaye de Thélème:

"Toute leur vie estoit employée non par loix, statuz ou reigles : mais selon leur vouloir, et franc arbitre.

Se levoient du lict, quand bon leur sembloit : beuvoient, mangeoient, travailloient, dormoient, quand le desir leur venoit. Nul ne les esveilloit, nul ne les parforçoit ny à boyre, ny à manger, ny à faire chose aultre quelconques. Ainsi l’avoit estably Gargantua.

En leur reigle n’estoit que ceste clause : FAY CE QUE VOULDRAS!

Par ce, que gens liberes, bien nayz, bien instruictz, conversants en compaignies honnestes ont par nature ung instinct, et aguillon, qui tousjours les poulse à faictz vertueux, et retire de vice : lequel ilz nommoient honneur.

Iceulx, quand par vile subjection, et contraincte sont deprimés, et asserviz, detournent la noble affection, par laquelle à vertu franchement tendoient, à déposer, et enfraindre ce joug de servitude.

Car nous entreprenons tousjours choses défendues : et convoitons ce, qui nous est denié.

Par ceste liberté entrarent en louable emulation de faire tout ce, qu'a ung seul voyoient plaire.

Si quelq’ung, ou quelcune disoit beuvons, tous buvoient. Si disoit, jouons, touts jouoient.

Si disoit, allons à l’esbat es champs, touts y alloient.

S'il c’estoit pour voller, ou chasser, les Dames montées sus belles hacquenées avecq' leurs palefroy gorrier, sus le poing mignonnement engantelé portoient chascune ou ung esparvier, ou ung laneret, ou ung esmerillon : les hommes portoient les aultres oyseaulx."

GARGANTUA, Chap. LVII, 1534

Tout un programme.

vendredi 29 mai 2009

Juliette et Rosalie

ROSALIE

Moi, je goûterais bien ; je sens un gros vide dans mon estomac. Rêver, fabuler, imaginer, c'est plaisant, j'en conviens. Mais ce n'est pas réel. Bon, on oublie. Ma faim, elle, est vraie et tout de suite.

Toute mes papilles frémissent sous la douceur de ce bol de lait ; et le beurre de cette tartine me transcende. Un plaisir simple, quotidien, que peut-être l'on ne peut apprécier qu'avec son instinct animal, que si l'on est… un chat ! Les Humains se compliquent bien leurs journées. On dirait qu'ils partent chercher le bonheur là où il ne sera jamais, demain. Mais demain est un autre jour et si aujourd'hui ils n'ont rien aimé de leur vie, pas même la joie de se lever, je crains qu'il en soit ainsi pour eux jusqu'à la fin des temps. A croire qu'ils aiment souffrir et pleurer.

Voilà que je philosophie!

Allons, allons, à chacun sa place: moi je ronronne dans le creux de l'oreille au beau milieu de la nuit, je saute sur les genoux au moment le moins opportun pour que l'on me caresse, je m'affale sur les papiers importants car je déteste que l'on m'ignore, je me roule dans les couvertures toutes bien mises des lits fait au carré et je plante mes griffes dans les tissus fragiles parce que je trouve amusant de tirer les fils. Après, ils bougent avec l'air et cela m'excite encore plus. Mais là, je me fais gronder par Juliette. Penaude, je me cache sous un meuble jusqu'à ce que Juliette quitte la pièce et alors... je recommence!

À SUIVRE...

jeudi 7 mai 2009

Cuisine

Depuis des mois vous attendez votre cuisine. Vous l'avez dessinée, rêvée. Enfin le jour "J" arrive.

Tout d'abord débarque un grand maigre dans sa camionnette, la clope au bec. Il vous serre la main que vous prenez du bout des doigts car il a déjà dû fumer tout le paquet à à peine 7h30 du matin et l'odeur est plus qu'imposante. Puis il vous affirme qu'il est le meilleur poseur de la boite et que vous avez fait le bon choix. A-t-il vu votre inquiétude dans nos yeux après avoir regardé le fatras innommable qui règne dans sa voiture? Bon, ne jugeons pas sur la mine mais sur le résultat.

Pendant ce temps un gros camion tout ronflant attend devant votre portail. C'est là? C'est pas là? Oui, c'est bien ici! Alors fièrement il s'enfile dans votre allée comme sur un circuit de formule 1 et achève sa course sur votre pelouse en y laissant des ornières indélébiles! Il n'était pas nécessaire d'aller si loin!

Bon, l'important est que la cuisine soit arrivée, après une année d'attente. Un an pour enfin avoir une cuisine, c'est très long et vous êtes près à beaucoup de concessions lorsqu'elle arrive.

Écrasant quelques plantations pas encore complètement sorties de terre, le poseur et le livreur déchargent le camion.

Voilà tout est là. Le camion s'en retourne. Le poseur peut commencer à œuvrer.

Mais si tôt le matin et après tout ce travail de déchargement, Jean-Louis a besoin d'une petite cibiche, histoire de commencer dans les meilleures conditions, l'oreille collée à son portable. Pour l'accompagner, il fait descendre de sa camionnette un bouledogue français noir et blanc répondant au doux nom de Prosper. Ce dernier entame le tour du propriétaire. L'air bravou, il mène sa vie dehors et dedans, reléguant à l'étage les trois chats de la maison, terrorisés par cet hôte reniflant et soufflant et qui vient de dénicher leurs croquettes pour y fourrer son gros museau baveux.

Voilà, toutes les conditions requises pour bien travailler sont réunies. Le poseur commence.

De loin, vous entendez les meubles qui rayent sûrement le carrelage mais vous vous dites que vous verrez plus tard. Concessions. Concessions!

Après une demie journée, la plupart des meubles sont en place. La cuisine a déjà fort jolie allure. Restent de bien accrocher les meubles entre eux, de mettre la faïence sur le plan de travail, les plinthes et de régler toutes les portes et les tiroirs. Du détail en somme.

Bon, Prosper vadrouille toujours un peu partout et bien qu'il fasse froid, vous lui laissez les portes ouvertes sinon il en gratte le bas et sculpte le bois du bout de ses griffes!. Patiente, ce n'est que pour quatre jours.

Afin de donner l'impression de gérer un peu Prosper, son maître lui installe sa vieille couverture poussiéreuse... en plein milieu de la salle-à-manger. Désormais il vous faut enjamber le brave toutou pour aller déjeuner.

Quatre jours seulement! Concession quand tu nous tiens!

Après la première journée, une fois le couple parti, (mais pas la couverture), vous remarquez que rien n'est vraiment droit. Mais comme dit le poseur si élégamment, une cuisine c'est comme une femme qui se maquille, on ne voit le résultat qu'à la fin! Alors vous attendez!

Le deuxième jour, Jean-Louis débarque « la tête dans le c... » comme il explique si délicieusement. Et quand vous voyez son air, vous n'en doutez pas un seul instant!

Aïe! une journée qui s'annonce difficile mais sans savoir vraiment pour qui.

Aujourd'hui J-L s'attaque au plan de travail. La pose de la faïence. Bon, pas trop mal si vous exceptez le fait qu'il y a du joint un peu partout, pas toujours parfaitement droit mais au regard de la tête dans le c..., il vaut mieux ne pas se plaindre.

Prosper, pareil à lui-même se goinfre de croquettes et digère sur sa couverture au milieu de la salle-à-manger.

Mais c'est déjà l'heure d'achever la journée! Ouf! À demain!

Troisième jour.

Aujourd'hui la tête va beaucoup mieux, Madame a dû vouloir!

Alors, plein de bonne volonté, J-L s'attaque à brancher le lave-vaisselle et la plaque à gaz.

Pour qualifier ce à quoi ressemble la cuisine, vous hésitez entre le déluge et l'apocalypse. Trois centimètres d'eau partout, les outils et les appareils baignant en vrac et un poseur macérant au beau milieu, la visseuse en main, tentant de visser une vis (quoi de plus normal?)... dans une porte en équilibre sur le vrac!

Forcément, ça ripe et ça se tord. Il vaut mieux fermer les yeux... NON! PAS LE POSEUR!... Quoique! Ferait-il mieux ou moins bien les yeux bandés?

Et Prosper, (privé des croquettes qui ont pris de l'altitude), vient rajouter sa sauce, tout content de se mouiller pour s'ébrouer ensuite.

Plus qu'une journée!!!

La fin du calvaire arrive, dernier jour.

Aujourd'hui est dédié aux petits réglages de finesse, aux détails et autres broutilles de finition. Rien de bien difficile. Enfin cela dépend pour qui! J-L fait parti de ceux pour qui c'est difficile!

Il est vrai que le téléphone portable dans une main et la cigarette dans l'autre rend périlleuse toute action.

Confiance, par chance vous avez hérité quand même du meilleur poseur de la boite!

Voilà, c'est fini. Un petit tour rapide pour constater que les portes des meubles sont de travers, les plinthes coupées trop courtes et trop étroites, la plaque à gaz de travers, que les vis ont traversé les meubles et que le plan de travail accuse une déclivité visible à l'œil nu?

Au vu du désastre, affolée,vous courrez vérifier votre maquillage dans le premier miroir. Ouf! Rien à voir avec la pose de votre cuisine. Lui ne coule pas, n'est pas fait en dépit du bon sens et rajoute à votre beauté naturelle. La pose d'une cuisine n'a finalement rien à voir avec une femme qui se maquille. Aucune commune mesure dans le résultat.