La Comtesse de Bragada et son grimoire

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jeudi 5 juillet 2012

Extrait de "Rayon de lune"

Du lundi matin au dimanche midi, Violette vend des fleurs. Qu'il pleuve, qu'il vente ou que le soleil cogne, elle vend des fleurs dans une boutique du boulevard de Strasbourg à Toulouse.

De l'aurore à la brune elle apostrophe les passants d'un ton monocorde: « Achetez mes fleurs... Mes jolies fleurs cueillies de ce matin... »

Violette est grande, très grande, trop grande. Elle dépasse tout le monde d'une tête, voire deux. Elle est maigre aussi, tellement d'ailleurs que certains la comparent à une liane. Depuis qu'elle est née, il en est ainsi, les gens se moquent d'elle et disent dans son dos: « jamais elle ne pourra plaire à qui que ce soit ».

Alors Violette a fermé son cœur. À cause de cela, maintenant ses yeux ne voient que le laid, le sinistre, le noir. Pourtant ses yeux sont certainement les plus beaux du monde.

Comme elle ne sourit jamais, sa patronne craint qu'elle ne fasse fuir la clientèle. Elle lui a donc tout bonnement accroché à chaque commissure des lèvres, un élastique qui vient se coincer derrière chaque oreille. Ainsi, du lundi matin au dimanche midi, Violette affiche un rictus figé et lugubre en forme de croissant réjoui.

Depuis qu'elle vend des fleurs, il y a de cela des années, chaque matin, toujours à la même heure, sans jamais faillir, Jules-Gustave lui achète un bouquet. Violette l'a remarqué parce qu'elle le trouve laid.

Abandonné à sa naissance en plein milieu d'un champ, Jules-Gustave a été élevé par des taupes, jusqu'au jour où un fermier venu labourer son vieux champ oublié, l'a découvert et placé dans un orphelinat. De sa vie sous terre, il garde tout le temps les yeux fermés, ce qui fait de lui un aveugle. Ne trouvant personne pour l'adopter, l'orphelinat a décidé d'en faire « un homme à tout faire ». Toutefois, Jules-Gustave ayant développé un solide odorat, une ouïe ultra fine, un toucher très sensible et un goût à fleur de papilles du fait de sa cécité, il mène sa vie comme tout un chacun. Ainsi il nettoie, balaie, lave, range tout l'orphelinat. Il cuisine, coud, repasse pour tous les pensionnaires. Comme il porte des charges très lourdes sur son dos, au fil des jours, il s'est voûté et a arrêté trop tôt de grandir. Ce qui fait de lui quelqu'un de petit et tassé.

À suivre...

jeudi 1 mars 2012

Coup de vent (extrait des Mirifiques histoires du monde de Bragada)

D'aussi loin qu'elle regarde debout sur son fil d'acier tendu entre deux poteaux de guingois, Pernelle ne voit que la toile rayée rose et verte du chapiteau à l'air bancal. En équilibre sur le filin rigide, entre un aller et un retour, une ombrelle dans la main gauche, elle tente de percer le mystère de la vie loin du cirque.

Elle sait qu'il y a la mer, pas loin. Elle l'entend. Mais elle ne l'a jamais vue autrement qu'au travers du hublot de sa roulotte, en allant d'une ville à l'autre. Monter et démonter le chapiteau à l'air bancal, répéter son numéro sont des tâches qui ne laissent place à rien d'autre.

Tout au fond de son cœur, elle espère qu'un jour ce monde de rêve lui dévoilera tout de lui parce qu'elle sortira enfin du chapiteau à l'air bancal.

vendredi 14 novembre 2008

extrait "la route en lacet"

Georges-Amandin habite un sixième étage sans ascenseur, sous les toits d'un vieil immeuble où tout est biscornu. Les fenêtres sont rectangulaires quand les encadrements sont arrondis. Les portes gondolent comme les feuilles des arbres à l'automne. Les sols montent et descendent pareillement aux cols des Pyrénées. Les plafonds accusent des ventres ronds. Et les murs s'inclinent tantôt à droite, tantôt à gauche comme s'ils allaient tomber. Mais Georges-Amandin n'en a cure. Il se sent bien ici. Il trouve que cet appartement lui ressemble... ou l'inverse. De guingois tout comme lui.

Georges-Amandin boite de la jambe droite. Non qu'elle soit plus courte que l'autre! Mais son genou droit n'a jamais voulu se déplier entièrement. Allez savoir pourquoi. Les trois opérations qu'il a subi lui ont tout juste permis de faire descendre la pointe de son pied jusqu'à terre et ainsi se passer de béquilles.

Aujourd'hui il dort avec un poids sur le genou sans que cela n'arrange rien.

George-Amandin partage sa vie avec Madame Moune, cleptomane de son état.

...

Tout en rondeurs et visage d'ange, Clémence-Rose trace chaque matin des portées à main levée sur de grandes feuilles ivoires, tout en trempant une biscotte beurrée dans une tasse de lait chaud. Depuis plusieurs années, elle recopie des partitions pour l'école de musique de son petit village niché au fin fond d'une vallée des Pyrénées. Dans son métier de tous les jours, elle présente la météo en langage des signes. Un palais mal fermé de naissance l'affuble d'un gros défaut de prononciation la rendant incompréhensible. Alors elle parle avec les mains.

...

jeudi 9 octobre 2008

Extrait de " la route en lacets"

C'est au détour d'un cyprès, des centaines de mètres plus bas, qu'elle découvre « son » inconnu plongé dans une meule de foin, le vélo et sa remorque agonisant contre la pierre d'un lavoir.

Il ne bouge pas. Il est mort?

S'agenouillant à ses côtés, elle colle son oreille à son nez...

Non, il respire.

Il est inconscient et pâle, mais visiblement indemne.

Avisant une ferme tout juste à l'angle du lavoir, elle entreprend d'aller chercher du secours.

Elle frappe à n'en plus pouvoir à la porte d'entrée. Un chien méfiant vient flairer ses bottines crottées mais personne n'ouvre. Ils doivent être au réveil d'Adélaïde!.

De retour au chevet de son inconnu, elle prend l'initiative de le ranimer. Si elle se souvient bien des gestes que faisait sa mère infirmière en une telle situation, elle devrait y parvenir.

S'emparant d'un seau en fer blanc déniché non loin du lavoir, elle le remplit d'eau fraîche à ras bord. Y trempant un morceau de son jupon en coton blanc, elle en tamponne le front et les tempes de Georges-Amandin qui, pour autant, ne se réveille pas.

Elle recommence l'opération plusieurs fois, toujours sans résultat.

Continuant à lui rafraîchir le visage, elle lui tapote les joues qui virent au rouge. Mais il reste sans connaissance.

Comment donc ferait sa mère?

Après une courte réflexion, le temps pressant, elle se décide enfin...

À SUIVRE...

mercredi 24 septembre 2008

L'Exode des Abysses

(Vieux conte retrouvé dans une malle poussiéreuse, plein de défauts mais que j'aime bien, illustré à l'époque par Rozenn)

Guénite sort alors de sa manche sa baguette magique de voyage et prenant son souffle, elle crie pour que ses aproles parviennent jusqu'aux oreilles du géant:

"un, deux trois,

bisque de homard,

ce n'est plus toi,

Abari gani

maintenant tout va!..."

"Ça marche, ça marche"

"Ne criez pas victoire trop tôt" intervient rigolo, 'regardez, Ngong n'a rétréci que de moitié."

À SUIVRE...

samedi 6 septembre 2008

L'Exode des Abysses

(Vieux conte retrouvé dans une malle poussiéreuse, plein de défauts mais que j'aime bien, illustré à l'époque par Rozenn)

"Ah dis donc, ce n'est pas de sa faute. Et je suis certaine qu'il est très ennuyé de polluer ainsi les abysses. Distes-moi où il se trouve. Je connais une formule magique qui, dans ce cas et seulement celui-ci, remettra tout en ordre."

"Malheureusement, j'ignore où il se cache le jour. Mais chaque soir nous avons rendez-vous sur cette plage."

"Hé bien attendons!"

Pour passer le temps, Cali a entrepris de faire un tunnel dans une dune en creusant avec ses mains.

"Madame la Fée", dit-elle"vous avez remarqué comme les dunes avancent d'un jour sur l'autre?"

"Ah dis donc, tu es observatrice ma fille, tu as raison..." Guénite n'a pas le temps de finir sa phrase qu'un énorme rire semble soulever le sable ou joue Cali.

"Arrête, AH AH AH, arrête, je suis très chatouilleux, OH OH OH!" dit la dune tout en disparaissant lentement et laissant apparaître Ngong qui se cachait là.

"La voici donc l'explication du désert qui avance" dit Matatou, "des géants qui se cachent sous des couvertures de sable parce qu'ils ne ressemblent pas aux autres et qui chaque nuit, se rapprochent un peu plus des terres fertiles et des gens."

Pendant ce temps Guénite est montée dans la main de Ngong pour réciter sa formule magique...

À SUIVRE...

lundi 25 août 2008

L'Exode des Abysses

(Vieux conte retrouvé dans une malle poussiéreuse, plein de défauts mais que j'aime bien, illustré à l'époque par Rozenn)

"La solution n'est pas dans la guerre mais dans le partage. Il suffit qu'une partie de vous tous travaille pendant que l'autre prend des vacances et au bout de trois mois, vous échangez. Lâchez la compétition entre vous. Vous êtes des frères, pas des ennemis!"

Le guerrier aux cheveux rouges opine du chef un moment puis décide d'organiser une conciliation avec tout le monde afin de mettre au point cette nouvelle façon de voir la vie.

En ce qui concerne Ngong, non, il n'a pas vu de géant dans les parages. Il s'agit d'une fausse piste.

Si Ngong n'est pas passé par ici, pourquoi le clown Rigolo leur a-t-il affirmé qu'il avait pris la direction du nord?

"Retournons voir notre Rigolo" dit Guénite, les sourcils froncés.

Le clown apercevant l'aile delta fondre sur lui tente de lui échapper. Mais c'est peine perdue, Guénite et les enfants l'ont déjà rejoint.

"Vous nous avez mentis, n'est-ce pas?"

"Oui" avoue Rigolo, "Ngong est mon meilleur ami. Je ne voulez pas que vous lui fassiez du mal. C'est une erreur de manipulation qui l'a fait devenir géant?"

"Vous voulez dire qu'il n'a pas toujours été de cette taille?"

À SUIVRE...

jeudi 14 août 2008

L'Exode des Abysses

(Vieux conte retrouvé dans une malle poussiéreuse, plein de défauts mais que j'aime bien, illustré à l'époque par Rozenn)

"Tout d'abord nous devons retrouver le géant." dit Matatou "Regardez là-bas, ce clown, peut-être pourra-t-il nous renseigner?"

"Ah dis-donc, vous tombez bien. Nous sommes à la recherche d'un géant qui doit habiter dans les parages. Le connaisez-vous?"

"Oui, oui, bien sûr... Mais vous l'avez raté de peu, il est parti ce matin vers les plaines du grand nord, et à l'allure où il allait, vous ne pourrez jamais le rattraper."

"Ce n'est pas un problème, dis donc, j'ai mon aile delta, nous l'aurons vite rejoint. Vous dites qu'il est parti vers le nord? Alors en route!"

Survolant des paysages et des paysages, ils n'aperçoivent toujours personne.

Mais tout à coup le delta se déséquilibre. Que se passe-t-il?

"C'est une flèche qui vient de transpercer la toile" constate Matatou.

"Posons-nous!"

Une fois à terre, ils se rendent compte qu'ily a la guerre.

Alors Guénite, un mouchoir blanc au bout de sa baguette magique, s'avance entre les flèches.

"Ah dis donc, en voilà un remue-ménage! rouspète-t-elle, "qu'est-ce qui peut bien justifier pareil désordre?"

Un grand guerrier au cheveux rouges explique:

"Nous habitons au bord de l'océan où il n'y a pas de travail. Nous vivons au jour le jour. Ceux qui habitent là où il y a le travail, veulent nous déloger de notre océan pour leurs vacances. Alors nous nous battons pour conserver notre peu de biens."

À SUIVRE...

jeudi 7 août 2008

Extraits de "La route en lacets"

Georges-Amandin habite un sixième étage sans ascenseur, sous les toits d'un vieil immeuble où tout est biscornu. Les fenêtres sont rectangulaires quand les encadrements sont arrondis. Les portes gondolent comme les feuilles des arbres à l'automne. Les sols montent et descendent pareillement aux cols des Pyrénées. Les plafonds accusent des ventres ronds. Et les murs s'inclinent tantôt à droite, tantôt à gauche comme s'ils allaient tomber. Mais Georges-Amandin n'en a cure. Il se sent bien ici. Il trouve que cet appartement lui ressemble... ou l'inverse. De guingois tout comme lui.

Georges-Amandin boite de la jambe droite. Non qu'elle soit plus courte que l'autre! Mais son genou droit n'a jamais voulu se déplier entièrement. Allez savoir pourquoi. Les trois opérations qu'il a subi lui ont tout juste permis de faire descendre la pointe de son pied jusqu'à terre et ainsi se passer de béquilles.

Aujourd'hui il dort avec un poids sur le genou sans que cela n'arrange rien.

George-Amandin partage sa vie avec Madame Moune, cleptomane de son état.

...

Tout en rondeurs et visage d'ange, Clémence-Rose trace chaque matin des portées à main levée sur de grandes feuilles ivoires, tout en trempant une biscotte beurrée dans une tasse de lait chaud. Depuis plusieurs années, elle recopie des partitions pour l'école de musique de son petit village niché au fin fond d'une vallée des Pyrénées. Dans son métier de tous les jours, elle présente la météo en langage des signes. Un palais mal fermé de naissance l'affuble d'un gros défaut de prononciation la rendant incompréhensible. Alors elle parle avec les mains.

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lundi 28 juillet 2008

L'Exode des Abysses

(Vieux conte retrouvé dans une malle poussiéreuse, plein de défauts mais que j'aime bien, illustré à l'époque par Rozenn)

"Mais où allez-vous donc tous ainsi?" demande Guénite

"N'importe où, ce ne pourra par être pire qu'ici!" répond Mazette-Zozo, tout en tirant le radeau de son amie la méduse.

"Mais que se passe-t-il? Si vous partez les coraux mourront et la mer aussi, petit à petit. L'quilibre naturel sera rompu, tout ira de travers. Pourquoi partez-vous?

"On ne peut plus vivre dans cette eau sale! Toutes les nuits sans exception, un géant vient se laver dans l'océan. Non seulement il risque d'écraser l'un d'entre nous mais en pus il pollue notre nourriture. Regardez, il y en a déjà qui sont malades."

"Je comprends, je comprends. Mais avant de partir, pourquoi ne pas essayer de résoudre le problème en discutant avec lui?"

Ce n 'est pas aussi simple, il ne nous entend pas, il est trop grand!"

"Bon, j'ai une idée présentement. Je m'occupe de votre géant si vous me promettez de ne pas partir avant deux jours. Si je réussis, vous n'aurez plus aucune raison de quitter les abysses. Sinon vous pourrez partir."

"Tope-là! C'est d'accord, mais deux jours seulement, pas une minute de plus!"

"En attendant voici des remèdes pour vos malades." finti Guénite.

Maintenant il faut faire vite.

De retour sur le sable, tous ensemble ils élaborent un plan.

À suivre...

mercredi 9 juillet 2008

L'Exode des Abysses

(Vieux conte retrouvé dans une malle poussiéreuse, plein de défauts mais que j'aime bien, illustré à l'époque par Rozenn)

Une heure trente deux plus tard:

"ça c'est du matériel!" s'extasient les garçons.

"et en imitation écaille de tortue, quelle classe!" ajoute Cali admirative.

"Aidez-moi à l'enfiler. Voici le mode d'emploi... Ah dis donc, ce n'est pas simple!"

Après plusieurs essais, Guénite est enfin prête.

Et voici tout le petit monde qui s'élance dans les vagues et s'enfonce dans les abysses.

Explorant minutieusement les fonds sous-marins, accompagnés du seul ronron des bulles d'air du scaphandre de Guénite, les recherches se poursuivent.

Cali régulièrement remonte respirer à la surface. C'est ainsi qu'à l'opposé de leurs investigations, elle aperçoit des remous. Aussitôt elle en informe tout le monde qui fait demi-tour. Rejoignant les remous, les enfants et la fée découvrent toute la faune de l'océan, d'énormes paquets sur le dos ou traînant des sacs, en route pour une destination inconnue.

C'est l'exode des Abysses!

À SUIVRE...

vendredi 20 juin 2008

L'Exode des Abysses

(Vieux conte retrouvé dans une malle poussiéreuse, plein de défauts mais que j'aime bien, illustré à l'époque par Rozenn)

De joie, les enfants font une ronde autour du tam-tam puis autour du delta-plane à tuyères MHD.

"Du calme, dis-donc! Quel accueil. Alors que vous arrive-t-il mes petits?"

"Mazette Zozo a disparu et tous les autres animaux de la mer également." résume Cali

"Ah mais c'est très grave ce que tu me racontes-là petite. Laissez-loi réfléchir... Le mieux c'est que j'aille voir au fond de l'océan ce qu'il s'y passe. Heureusement j'ai apporté mon catalogue des 3 huîtres. Je vais pouvoir me commander un scaphandre de plongée. Celui-ci me semble bien."

"L'article est disponible. Vous l'aurez dans une heure trente deux à la "valise féeplomatique" de Diani. J'espère que nous vous avons donné entière satisfaction. Bonne journée!"

À SUIVRE...

samedi 31 mai 2008

L'Exode des Abysses

(Vieux conte retrouvé dans une malle poussiéreuse, plein de défauts mais que j'aime bien, illustré à l'époque par Rozenn)

PCHIIIIT! Le parchemin est parti en fumée.

"Et bien dis-donc, quel cadeau! Comment te remercier, c'est magnifique, c'est merveilleux..."

"Tu me remercieras plus tard, pour lors, tu dois aller voir qui a besoin de toi."

Et Guénite de dire BIS

"moi je vous quitte

et moi je reste

bonne fête

bonne chance"

S'élançant alors avec son delta plane à tuyères magnéto-hydro- dynamiques, une des deux Guénites part rejoindre Cali, Matatou et Kimbo.

À SUIVRE...

lundi 26 mai 2008

Coup de vent (extrait)

Depuis une semaine, il trotte dans la tête de Pernelle de chausser des patins à roulettes sur le filin d'acier et ainsi d'exécuter une triple vrille, portée la vitesse. Elle ne sait comment l'annoncer au directeur du cirque à l'air bancal. Elle se rend bien compte de la dangerosité de l'acrobatie mais quelque chose en elle la pousse à la tenter. Quelque chose comme si sa vie en dépendait.

« S'il te plaît Monsieur le directeur, je veux faire ce saut. Regarde, le cirque n'attire plus grand monde. C'est peut-être là une chance d'y remédier. Les gens sont friands de sensationnel, ils aiment voir les autres prendre des risques. »

Après bien des « non », « c'est de la folie », ou encore « tu vas te tuer! », le directeur du chapiteau à l'air bancal accepte. Il sait qu'elle a raison. Le cirque mourra s'il n'offre rien d'exceptionnel. Le rire et l'amusement simple ne satisfont plus les spectateurs. Il leur faut plus, beaucoup plus. Le grand frisson. L'accident peut-être?

Plumeau fixe Pernelle et le directeur du chapiteau à l'air bancal d'un regard désapprobateur comme s'il pressentait un grand malheur. Mais écoute-t-on les chats nés dans un cirque? Aussitôt dans toute la ville des affiches se placardent sur les murs et les panneaux de bois.

« Avis à la population,

Bientôt dans notre ville un événement sans précédent. Pernelle, la funambule du cirque du boulodrome va tenter la vrille de la mort en patins à rouletteS.

Qu'on se le dise! »

Voilà, plus question de reculer. Le sort en est jeté.

vendredi 16 mai 2008

L'Exode des Abysses

(Vieux conte retrouvé dans une malle poussiéreuse, plein de défauts mais que j'aime bien, illustré à l'époque par Rozenn)

Pendant ce temps retournons faire un tour chez notre fée Guénite. La cérémonie vient de s'achever ouvrant sur une fête qui durera 6 mois. Les confettis et les serpentins volent dans tous les sens. Tout le monde chante, rit, danse. Au pays des magiciens, fées et sorcières, il est de mise de s'amuser. Un brouhaha de voix couvre l'assemblée chacun y allant d'une petite chanson en tapant dans ses mains et en se dandinant.

C'est au milieu de tout ce vacarme que la fine oreille de Guénite perçoit comme un appel au tam-tam.

Il s'agit du TATATA TAMTAMTAM TATATA de Matatou, Cali et Kimbo. Alors d'un geste, la fée demande le silence absolu.

"Ah dis donc, c'est bien ce qu'il me semblait, quelqu'un m'appelle. Je vais devoir vous quitter mes chers amis!"

"Non, tu ne partiras!" intervient la sorcière Magali, "j'ai une autre solution. Comme je suis arrivée en retard, je n'ai pas encore eu le temps de t'offrir mon cadeau de mariage. Le voici" Et ce faisant, elle tire de son manteau de paillettes et de diamants, un parchemin.

Alors Guénite se met à lire:

À SUIVRE...