La Comtesse de Bragada et son grimoire

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samedi 27 juin 2009

Boires et déboires à la cité rose

OUALOU ET ASNA

Devant l’entrée de l’auberge sculptée dans le grès, de couleur rose orangé à cet instant de la journée, un homme, les cheveux aux épaules, mince presque maigre, qui dégage de la quiétude, de la sérénité et qui me semble être venu d’ailleurs, à en croire sa longue tunique blanche qui ne ressemble pas à une toge, rompt un morceau de pain et partage avec un enfant.

- « AVÉ, l’étranger, puis-je t’offrir à boire ? » dis-je

- « Ma foi oui ! » répond-il

- « Tu n’as pas plus l’air d’ici que moi, n’est-ce pas ? » je m’enquiers

- « Effectivement, je suis à Pétra pour affaires avec Arétas, « celui qui aime son peuple », le Roi. » me livre-t-il

- « Quel genre d’affaires peut-on traiter avec un Roi ? »

- « Des histoires de femmes bien sûr ! »

- « Ami, tu me plais ; quel est ton nom ? »

- « Oualou, pour te servir. »

- « Oualou, cela veut dire « rien » dans ta langue, n’est-ce-pas ? »

- « parfaitement » acquiesce-t-il en riant

- « Alors « Rien », trinquons aux femmes qui font tourner le monde et souvent aussi, notre tête, comme le petit vin blanc de cet aubergiste. »

Sympathique ce Oualou. Un peu trop sobre à mon goût mais qu’importe, cela me donne l’occasion de remplir mon calice plus souvent et d’humecter ma gorge desséchée par le vent de sable et la chaleur du voyage.

De calice en calice je finis par lui exposer la raison de ma venue à Pétra.

Après quelques caresses sur le dos de Raminougrobis qui en bave de plaisir, alors que la roche a maintenant viré au rouge foncé, Oualou me propose de m’introduire auprès de la fille du roi, qui pourrait bien être celle que je cherche.

A SUIVRE...

mardi 19 août 2008

BOIRE ET DEBOIRES A LA CITE ROSE (extrait)

- « J’ai vu "La Répudiée", celle de mon roi". Répond Albed après cinq pièces. "Elle avait un voile sur la tête mais je l’ai bien reconnue.»

Bon ; j’ai une piste. C’est déjà mieux que rien. Il m’est arrivé de débuter des enquêtes sans une miette à me mettre sous la dent. Cette fois-ci, c’est pas si mal. Raminougrobis renifle quelque chose sur la tombe ouverte. On dirait des cheveux roux qui se seraient accrochés aux pierres de l’intérieur du caveau. Curieux, ils sentent le sucre. Vu la longueur, je mettrais bien ma main à couper qu’il y a une femme là-dessous, comme souvent dans les affaires louches. Ah les femmes, les femmes ! Si ma mémoire est bonne, « La Répudiée » est une Nabatéenne, fille du roi Arétas de Pétra

C’est loin Pétra !

AU CIMETIERE

Une nuit de lune noire par vent d’Ouest. Un rat couina avant de s’engouffrer dans les immondices jonchant la terre ; des âmes erraient, brûlant les gaz des corps en décomposition ; une petite vieille, tout en psalmodiant, un fichu sans couleur sur ses épaules décharnées, n’en finissait pas de rallumer les lampes à huile soufflées par le maudit vent d’Ouest qui charriait des odeurs putrides.

Derrière un muret, c’était l’attente...

LE VOYAGE

Mon tirage divinatoire de ce jour : « Raido », la Rune du voyage et «teiwaz », risque de gaspillage d’énergie.

Acheter une place dans une caravane en partance pour le royaume des Nabatéens fut une épreuve plus difficile que d’avoir à combattre les lions dans l'arène. Personne ne voulait entendre parler d’un chat qui voyagerait avec moi. D’après les chameliers, la dernière fois que cela était arrivé, le chat avait eu tellement peur, qu’il avait agressé tout le monde et mis les dromadaires en déroute. Il avait fallu 3 jours pour tous les rassembler ! Mais je ne suis pas homme à me décourager et de nombreuses pièces d’or plus tard, Raminougrobis, ligoté dans un panier accroché au flan gauche, j’embarque sur le dromadaire de queue. Courir après cette fille me vide la bourse plus vite que je ne l’imaginais et tout ça pour me rendre dans une nécropole, alors que je sors d’un cimetière ! Il y a des jours où je ferai mieux de rester étendu sur ma couche.

Je ne sais pas si vous avez déjà voyagé à dos de dromadaire ; non seulement ça vous met les os et l’arrière train en vrac pire qu’aux jeux du cirque mais en plus, ça vous fait remonter tous les repas de la semaine à force de balancer, que vous en avez les dents du fond qui baignent ! Dans quelle galère suis-je allé me fourrer ?

A SUIVRE...

dimanche 8 juin 2008

Tornade à Tarnos (extrait)

FAIT D'HIVER à TARNOS; 16 janvier 2001.

Le garde pêche de la petite ville de Tarnos a repêché hier matin, dans un méandre de l'Arac, la rivière en contrebas de la « ferme aux étoiles », le corps d'Odile Martin, 34 ans, célèbre astronome, lâchement assassinée dans le dos à hauteur du cœur.

D'après le médecin mandaté par la sécurité, la mort remonterait à la nuit du 9 au 10 janvier 2001.

Aussitôt une enquête, menée par le Commissaire Gustave Chantoiseau, a été ouverte.

Aucune arme n'a été retrouvée, toutefois l'hypothèse de l'utilisation d'une pioche est évoquée. Cela n'est pas sans rappeler la série de meurtres de 5 jeunes filles perpétrés il y a 11 ans sur les berges de la même rivière.

GUSTAVE CHANTOISEAU (se mouchant violemment et bruyamment)

« Saleté de grippe. 15 jours qu'elle me tient, tout cela à cause de ce maudit temps détraqué : une semaine glaciale sous le verglas ! Encore heureux que je ne me sois pas cassé une jambe ! Avec plus de 39 de fièvre, je ferais mieux de rester couché !

Bon récapitulons ; pas de viol ; pas de vol ; je peux donc éliminer d'ores et déjà le crime crapuleux et privilégier la thèse du règlement de compte ou de l'amant jaloux.

Aucun indice autour du corps, rien, que dalle, nada! Pas même une épingle à cheveux ! Voilà qui ne me simplifie pas la tâche ! Mais comme il faut bien commencer par quelque part, je vais aller voir le commissaire qui s'était occupé de l'enquête, sans succès, il y a 11 ans. »

jeudi 10 mai 2007

BOIRES ET DÉBOIRES À LA CITÉ ROSE 10 & fin

- « Je dois te demander de me livrer le corps afin que je le ramène dans son caveau. Requiescat in pace perinde ad cadaver, qu’il repose en paix comme un cadavre !»

" Mais tu n’as pas deviné, Romain ? Il n’y a plus de corps ! »

Alors là, j’y perds mon latin.

-« Que veux-tu dire, plus de corps ? »

- « Il n’y a plus rien, oualou ! J’ai payé pour qu’on ne l’achève pas. Il n’était pas mort lorsqu’on l’a déposé dans le caveau. »

-« Oualou ? »

- « Pas de corps, pas de délit. » ajoute Oualou, « En vérité, Morvandius, je te le dis, omnia vincit amor, l’amour triomphe de tout, comme l’on dit dans ta langue. »

Je crois que je suis en train de comprendre:« Tu es ille vir, tu es cet homme, Oualou , c'est cela? »

MORVANDIUS ET RAMINOUGROBIS

Et bien voilà, Raminougrobis, une enquête qui ne changera pas la face du monde, qui restera ignorée de tous et s’achève en compagnie d’un corps ressuscité. Finalement, je préfère ça. C’est vrai, les histoires de cadavre, c’est pas mon truc.

Bon, cette fois-ci, ma réputation est bien finie : Morvandius, celui qui n’achève pas son travail !

Peut-être ferais-tu mieux de te choisir un autre maître : je comptais sur cette enquête pour nous renflouer, mais là, c’est pire que tout, je dois trouver de quoi rembourser les avances que mes inquisitions ont bien entamées, n’ayant pas satisfait mes commanditaires! Alors, mon pauvre Raminougrobis, si tu ne veux pas mourir de faim, adieu !

Bien sympathique ce petit couple, tout de même, et elle, des yeux langoureux, un sourire enjôleur, un corps... un corps que même dans mes rêves les plus fous, je n’avais osé imaginer ; ah que j’ai aimé notre rencontre !

Peut-être que j’irai m’établir à Pétra ; peut-être qu’elle a plusieurs sœurs ; peut-être que je pourrai être d’une quelconque utilité à Oualou...

Allez viens Raminougrobis, compagnon d’infortune, si tu n’as pas peur de changer d’atrium ni de vie, ta place est à mes côtés !

Acta est fabula, la pièce est jouée.

FIN.

mardi 23 janvier 2007

TORNADE A TARNOS 3

CHAMALLOW (le chat errant de la « ferme aux étoiles » )

« Ce qu'oublie de préciser Alfred Pluchon à notre commissaire, c'est que depuis cette sombre histoire, il a fait une très grave et longue dépression durant laquelle il a tenté par trois fois d'assassiner ses infirmières dans le dos, à hauteur du cœur, avec une pipe. Comme quoi, personne n'est parfait ! »

GUSTAVE CHANTOISEAU

« Je ne suis pas plus avancé. Non franchement, il n'y a rien à tirer de ce bonhomme là, plein de tics, de contractions nerveuses et le mégot jauni de bave aux coins des lèvres. Allons voir ses collègues de travail. »

CLAUDE

Une jeune femme, la trentaine, belle plante, soignée, blonde, les cheveux aux épaules, assise ou plutôt effondrée dans un fauteuil, le mouchoir à la main, la larme à l'œil, se laissant réconforter par un collègue à la mine déconfite.

« Pas Madame, Mademoiselle, je ne suis pas mariée.

Odile et moi nous sommes rencontrées voici quatre ans, alors que nous visitions chacune dans un groupe de travail, l'observatoire astronomique de Mauna Kea à Hawaii. Très vite nous avons sympathisé et comme, à l'époque, je n'avais pas encore de poste définitif, elle m'a obtenu une place ici, à Tarnos. Je m'entendais très bien avec elle. Nous faisions beaucoup de sorties ensemble, au cinéma, au restaurant... J'aimais sa compagnie;

Elle avait le chic pour trouver le détail qui mettait les gens en valeur, pour s'habiller, par exemple, sans faute de goût. Elle parachevait ses toilettes par une note de parfum, sans trop, qui cependant, planait encore longtemps après elle. Elle était merveilleuse.

Elle ne rechignait jamais à faire les nuits seules comme celle du 9 au 10 janvier où j'ai veillé Maman, malade; ma mère craignait de ne pas se réveiller si je quittais son chevet. Il en est ainsi depuis la disparition accidentelle de mon Père, il y a 18 ans.

Mon Dieu, si seulement j'avais été auprès d'Odile la nuit du meurtre, rien ne serait arrivé. »

A SUIVRE...

jeudi 18 janvier 2007

TORNADE A TARNOS 2

ALFRED PLUCHON

« Depuis que je suis à la retraite, j'ai oublié toute cette histoire, vieille de tant d'années. J'en ai trop cauchemardé à l'époque. Que vous dire que vous ne sachiez déjà? Les victimes étaient transpercées dans le dos par une pioche, sur les rives de l'Arac, toutes étaient des anciennes de la DASS, comme votre macchabée d'aujourd'hui.

J'ai toujours pensé qu'il s'agissait d'une personne connue des jeunes femmes car on aurait dit qu'elle savait où, quand et comment, elle pouvait agir.

Plus d'une fois j'ai cru tenir une piste, un indice; à peine avais-je émis une hypothèse que déjà toute ma théorie tombait à l'eau… pardonnez-moi le mauvais jeu de mot.

Non croyez-moi, vous n'arriverez pas à débusquer le coupable, c'est un sadique qui n'a aucune autre motivation que de tuer, qui se délecte dans l'acte pour l'acte et rien d'autre. Ce genre de fous ponctuels qui, pour se venger d'un mot de trop ou d'un regard, s'adonnent à la tuerie de jeunes femmes sans défense. Ce peut être n'importe qui, vous, moi… vraiment n'importe qui… Ces meurtres resteront ad vitam éternam irrésolus. »

A SUIVRE...

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