Au début, avec mon chat tranquillement lové sur mes genoux, je rêvais de décrocher la lune.

Je voulais tout savoir, tout avoir vu, tout avoir lu, tout avoir dit et même redit .

Tout posséder, tout juger, tout expérimenter.

Tout ressentir, tout éprouver, tout pratiquer.


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Je voulais même connaître le néant, le rien, l'absurde.

La frivolité, l'illusion, la fragilité.

Le sérieux, le détaillé, le consciencieux.

L'insouciant, le superficiel, les fanfreluches.


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Le fantastique aussi et le banal très quelconque.

Le ridicule et le bizarre si burlesque...


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Mais un jour mon chat a déserté. Et j'ai connu le vide, l'absence, l'abandon.

Je suis partie à sa recherche et je l'ai aperçu lascivement endormi sur un croissant de lune.

Alors j'ai assemblé des tiges de bois pour me faire une échelle.

Je les ai accrochées, accrochées, accrochées.

Et j'ai commencé à monter, encore et encore.


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Qu'importe de décrocher la lune, pourvu que je rattrape mon chat!