La Comtesse de Bragada et son grimoire

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vendredi 31 juillet 2009

Ce matin là (extrait)

Gaspard D’Antin De Valbrume

Le manoir de Gaspard était couvert d’une voûte gigantesque faite de morceaux de verre incolore; certains lisses, d’autres avec de petites bulles irisées, assemblés comme les tours, avec des cadres de bois. L’air y pénétrait par des aérateurs filtrants disposés sur le pourtour de la base de la coupole, alimentés par une éolienne verticale érigée à l’extérieur sur un poteau. Lorsque l’on regardait cet ensemble de loin, il ressemblait à une de ces boules à neige que l'on secoue et qui émerveillent tant tous ceux qui osent l’avouer et même ceux qui s'en défendent.

S’il avait construit pareille loufoquerie, c’était par souci de protéger sa demeure de la pollution, des tempêtes et autres dérapages incontrôlés du temps liés à la folie de l'Homme, en attendant que le monde retrouve sa douceur de vivre.

Gaspard entretenait ce petit Paradis chaque jour, du lever au coucher du soleil et parfois même la nuit depuis qu’il recueillait des animaux blessés, abandonnés ou maltraités.

De là s’édifièrent de nouvelles bulles sur les toits plats des immeubles voisins pour loger tous ses nouveaux pensionnaires.

Il s’était mis également à cultiver les légumes oubliés.

Il commençait par pailler abondamment le sol d'écorces broyées pour y maintenir l'humidité. Il ne bêchait jamais pour que l'ordre de la vie sous terre resta équilibré, fertile et fécond. Le désherbage s'avérait inutile grâce à la couche d'écorces qui venait épaissir l’humus. Mais si parfois quelques herbes voulaient tout de même percer, il introduisait sous l'humus des carrés de carton qui réglaient le problème.

Alors il dressait les tuteurs torsadés où les tomates cerises et les grosses rondes s’accrochaient, les haricots verts et les poivrons aussi. Il ajoutait ensuite quelques œillets d’inde et élevait de jolies coccinelles bien rouges pour éloigner les pucerons.

Une citerne à l’extérieur de la coupole recueillait les eaux de pluie qui, par tout un système ingénieux, s’égouttaient régulièrement en averse sur le potager, le verger, le parc, en inondant au passage l’étang bleu où s’abreuvaient des oiseaux multicolores, tropicaux ou pas, échappés de quelques cages, venus cogner sur les carreaux de la verrière pour s'y réfugier.

Et Dame Nature faisait le reste.

Sous le dôme s’égrenaient les quatre saisons rituelles : l’hiver bien froid s’enneigeait à chaque ondée fournissant aux plantes endormies et au gazon, l’azote nécessaire pour se nourrir et repartir dès que fleurissait le printemps. La sève se déliait alors dans les branches, les abeilles se réveillaient et dans une effervescence de bzz bzz, saupoudraient le pollen d’une fleur à l’autre, pour que se perpétue le cycle de la reproduction. Les fruits et les légumes mûrissaient finalement, se cueillaient, se récoltaient à la fraîche et les heures les plus chaudes de l’été invitaient à la sieste. Puis l’automne apportait son lot de couleurs fauves, ses premières gelées jusqu’aux grands frimas. Il en était ainsi sous chaque coupole, reliées entre elles par des couloirs de verre et de bois.

Gaspard vivait seul: personne ne comprenait ni ne partageait sa philosophie que d’aucun jugeait simpliste, improductive et totalement hallucinée. Comment pouvait-il se contenter de si peu alors qu’il y avait tant à posséder?

mercredi 29 juillet 2009

La Maudite de Souberbal (extrait)

Ce fut André, le fils du maréchal-ferrant, qui réaccrocha un sourire aux lèvres de Margot.

Elle pensait toujours à Elie, mais la vie continuait.

André l'amusa tant et si bien que lorsqu'il lui demanda sa main, elle accepta avec joie.

Les villageois se préparèrent pour la noce.

Tout Souberbal était en liesse.

Margot agenouillée devant l'autel, attendait l'entrée de son futur époux. ...

Ce fut en vain.

Une violente douleur au coeur avait terrassé André sur le chemin de l'église.


*****

Certains commencèrent à jaser, à Souberbal. Le malheur de Margot paraissait étrange. Ils n'allèrent tout de même pas jusqu'à supposer une intervention diabolique.

Mais les hommes de Souberbal évitèrent de courtiser Margot.

...

Elle dût attendre un commerçant de passage pour retrouver l'ivresse de l'amour.

...

Il l'épousa après un mois de cour assidue.


*****

Pendant leur voyage de noce, le jeune marié attrapa une mauvaise toux qui l'emporta en trois jours.

Plus aucun doute pour les villageois de Souberbal:

Margot était maudite.

A SUIVRE...

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