La Comtesse de Bragada et son grimoire

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vendredi 29 mai 2009

Juliette et Rosalie

ROSALIE

Moi, je goûterais bien ; je sens un gros vide dans mon estomac. Rêver, fabuler, imaginer, c'est plaisant, j'en conviens. Mais ce n'est pas réel. Bon, on oublie. Ma faim, elle, est vraie et tout de suite.

Toute mes papilles frémissent sous la douceur de ce bol de lait ; et le beurre de cette tartine me transcende. Un plaisir simple, quotidien, que peut-être l'on ne peut apprécier qu'avec son instinct animal, que si l'on est… un chat ! Les Humains se compliquent bien leurs journées. On dirait qu'ils partent chercher le bonheur là où il ne sera jamais, demain. Mais demain est un autre jour et si aujourd'hui ils n'ont rien aimé de leur vie, pas même la joie de se lever, je crains qu'il en soit ainsi pour eux jusqu'à la fin des temps. A croire qu'ils aiment souffrir et pleurer.

Voilà que je philosophie!

Allons, allons, à chacun sa place: moi je ronronne dans le creux de l'oreille au beau milieu de la nuit, je saute sur les genoux au moment le moins opportun pour que l'on me caresse, je m'affale sur les papiers importants car je déteste que l'on m'ignore, je me roule dans les couvertures toutes bien mises des lits fait au carré et je plante mes griffes dans les tissus fragiles parce que je trouve amusant de tirer les fils. Après, ils bougent avec l'air et cela m'excite encore plus. Mais là, je me fais gronder par Juliette. Penaude, je me cache sous un meuble jusqu'à ce que Juliette quitte la pièce et alors... je recommence!

À SUIVRE...

jeudi 7 mai 2009

Cuisine

Depuis des mois vous attendez votre cuisine. Vous l'avez dessinée, rêvée. Enfin le jour "J" arrive.

Tout d'abord débarque un grand maigre dans sa camionnette, la clope au bec. Il vous serre la main que vous prenez du bout des doigts car il a déjà dû fumer tout le paquet à à peine 7h30 du matin et l'odeur est plus qu'imposante. Puis il vous affirme qu'il est le meilleur poseur de la boite et que vous avez fait le bon choix. A-t-il vu votre inquiétude dans nos yeux après avoir regardé le fatras innommable qui règne dans sa voiture? Bon, ne jugeons pas sur la mine mais sur le résultat.

Pendant ce temps un gros camion tout ronflant attend devant votre portail. C'est là? C'est pas là? Oui, c'est bien ici! Alors fièrement il s'enfile dans votre allée comme sur un circuit de formule 1 et achève sa course sur votre pelouse en y laissant des ornières indélébiles! Il n'était pas nécessaire d'aller si loin!

Bon, l'important est que la cuisine soit arrivée, après une année d'attente. Un an pour enfin avoir une cuisine, c'est très long et vous êtes près à beaucoup de concessions lorsqu'elle arrive.

Écrasant quelques plantations pas encore complètement sorties de terre, le poseur et le livreur déchargent le camion.

Voilà tout est là. Le camion s'en retourne. Le poseur peut commencer à œuvrer.

Mais si tôt le matin et après tout ce travail de déchargement, Jean-Louis a besoin d'une petite cibiche, histoire de commencer dans les meilleures conditions, l'oreille collée à son portable. Pour l'accompagner, il fait descendre de sa camionnette un bouledogue français noir et blanc répondant au doux nom de Prosper. Ce dernier entame le tour du propriétaire. L'air bravou, il mène sa vie dehors et dedans, reléguant à l'étage les trois chats de la maison, terrorisés par cet hôte reniflant et soufflant et qui vient de dénicher leurs croquettes pour y fourrer son gros museau baveux.

Voilà, toutes les conditions requises pour bien travailler sont réunies. Le poseur commence.

De loin, vous entendez les meubles qui rayent sûrement le carrelage mais vous vous dites que vous verrez plus tard. Concessions. Concessions!

Après une demie journée, la plupart des meubles sont en place. La cuisine a déjà fort jolie allure. Restent de bien accrocher les meubles entre eux, de mettre la faïence sur le plan de travail, les plinthes et de régler toutes les portes et les tiroirs. Du détail en somme.

Bon, Prosper vadrouille toujours un peu partout et bien qu'il fasse froid, vous lui laissez les portes ouvertes sinon il en gratte le bas et sculpte le bois du bout de ses griffes!. Patiente, ce n'est que pour quatre jours.

Afin de donner l'impression de gérer un peu Prosper, son maître lui installe sa vieille couverture poussiéreuse... en plein milieu de la salle-à-manger. Désormais il vous faut enjamber le brave toutou pour aller déjeuner.

Quatre jours seulement! Concession quand tu nous tiens!

Après la première journée, une fois le couple parti, (mais pas la couverture), vous remarquez que rien n'est vraiment droit. Mais comme dit le poseur si élégamment, une cuisine c'est comme une femme qui se maquille, on ne voit le résultat qu'à la fin! Alors vous attendez!

Le deuxième jour, Jean-Louis débarque « la tête dans le c... » comme il explique si délicieusement. Et quand vous voyez son air, vous n'en doutez pas un seul instant!

Aïe! une journée qui s'annonce difficile mais sans savoir vraiment pour qui.

Aujourd'hui J-L s'attaque au plan de travail. La pose de la faïence. Bon, pas trop mal si vous exceptez le fait qu'il y a du joint un peu partout, pas toujours parfaitement droit mais au regard de la tête dans le c..., il vaut mieux ne pas se plaindre.

Prosper, pareil à lui-même se goinfre de croquettes et digère sur sa couverture au milieu de la salle-à-manger.

Mais c'est déjà l'heure d'achever la journée! Ouf! À demain!

Troisième jour.

Aujourd'hui la tête va beaucoup mieux, Madame a dû vouloir!

Alors, plein de bonne volonté, J-L s'attaque à brancher le lave-vaisselle et la plaque à gaz.

Pour qualifier ce à quoi ressemble la cuisine, vous hésitez entre le déluge et l'apocalypse. Trois centimètres d'eau partout, les outils et les appareils baignant en vrac et un poseur macérant au beau milieu, la visseuse en main, tentant de visser une vis (quoi de plus normal?)... dans une porte en équilibre sur le vrac!

Forcément, ça ripe et ça se tord. Il vaut mieux fermer les yeux... NON! PAS LE POSEUR!... Quoique! Ferait-il mieux ou moins bien les yeux bandés?

Et Prosper, (privé des croquettes qui ont pris de l'altitude), vient rajouter sa sauce, tout content de se mouiller pour s'ébrouer ensuite.

Plus qu'une journée!!!

La fin du calvaire arrive, dernier jour.

Aujourd'hui est dédié aux petits réglages de finesse, aux détails et autres broutilles de finition. Rien de bien difficile. Enfin cela dépend pour qui! J-L fait parti de ceux pour qui c'est difficile!

Il est vrai que le téléphone portable dans une main et la cigarette dans l'autre rend périlleuse toute action.

Confiance, par chance vous avez hérité quand même du meilleur poseur de la boite!

Voilà, c'est fini. Un petit tour rapide pour constater que les portes des meubles sont de travers, les plinthes coupées trop courtes et trop étroites, la plaque à gaz de travers, que les vis ont traversé les meubles et que le plan de travail accuse une déclivité visible à l'œil nu?

Au vu du désastre, affolée,vous courrez vérifier votre maquillage dans le premier miroir. Ouf! Rien à voir avec la pose de votre cuisine. Lui ne coule pas, n'est pas fait en dépit du bon sens et rajoute à votre beauté naturelle. La pose d'une cuisine n'a finalement rien à voir avec une femme qui se maquille. Aucune commune mesure dans le résultat.

samedi 2 mai 2009

Découverte d'aujourd'hui

http://mireil.artblog.fr/

À visiter, plein de charme et de couleurs.