Il faisait encore nuit noire lorsque Porcelaine coupa la sonnerie du réveil d'une main molle et alluma la lampe de chevet. Elle frotta ses paupières encore lourdes de sommeil du bout de ses dix doigts puis remonta la couverture jusqu'aux épaules. Ce fut ce moment exact que Zouzou, sa chatte de gouttière aux longs poils, choisit pour sauter sur le lit. Elle s'installa contre le cou de Porcelaine et ronronna dans le creux de son oreille.

Durant ce temps, selon un rituel matutinal, Porcelaine compta les défauts et autres aspérités du plafond. Une tâche en forme de grue à longues ailes volait vers une autre qui imitait un gros citron roulant. Plus loin, une minuscule stalactite de peinture séchée et salie par les années, avait accroché le fil d'une toile d'araignée en pleine dérive. L'observation du plafond offrait à chaque nouvelle investigation tout un monde chimérique dans lequel Porcelaine achevait de se réveiller.

Ensuite, elle s'étira à la manière de sa chatte, le dos arqué. Elle se gratta la tête de ses ongles polis et glissa un pied hors de la couette. S'asseyant sur le bord de son lit, elle bailla, les bras en croix.

Ce fut à cette seconde très précise, la bouche grande ouverte, les muscles tendus, que l'idée de devenir actrice s'imposa.

Impérieuse.

Incontournable.

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