La Comtesse de Bragada et son grimoire

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

vendredi 20 juin 2008

L'Exode des Abysses

(Vieux conte retrouvé dans une malle poussiéreuse, plein de défauts mais que j'aime bien, illustré à l'époque par Rozenn)

De joie, les enfants font une ronde autour du tam-tam puis autour du delta-plane à tuyères MHD.

"Du calme, dis-donc! Quel accueil. Alors que vous arrive-t-il mes petits?"

"Mazette Zozo a disparu et tous les autres animaux de la mer également." résume Cali

"Ah mais c'est très grave ce que tu me racontes-là petite. Laissez-loi réfléchir... Le mieux c'est que j'aille voir au fond de l'océan ce qu'il s'y passe. Heureusement j'ai apporté mon catalogue des 3 huîtres. Je vais pouvoir me commander un scaphandre de plongée. Celui-ci me semble bien."

"L'article est disponible. Vous l'aurez dans une heure trente deux à la "valise féeplomatique" de Diani. J'espère que nous vous avons donné entière satisfaction. Bonne journée!"

À SUIVRE...

dimanche 8 juin 2008

Tornade à Tarnos (extrait)

FAIT D'HIVER à TARNOS; 16 janvier 2001.

Le garde pêche de la petite ville de Tarnos a repêché hier matin, dans un méandre de l'Arac, la rivière en contrebas de la « ferme aux étoiles », le corps d'Odile Martin, 34 ans, célèbre astronome, lâchement assassinée dans le dos à hauteur du cœur.

D'après le médecin mandaté par la sécurité, la mort remonterait à la nuit du 9 au 10 janvier 2001.

Aussitôt une enquête, menée par le Commissaire Gustave Chantoiseau, a été ouverte.

Aucune arme n'a été retrouvée, toutefois l'hypothèse de l'utilisation d'une pioche est évoquée. Cela n'est pas sans rappeler la série de meurtres de 5 jeunes filles perpétrés il y a 11 ans sur les berges de la même rivière.

GUSTAVE CHANTOISEAU (se mouchant violemment et bruyamment)

« Saleté de grippe. 15 jours qu'elle me tient, tout cela à cause de ce maudit temps détraqué : une semaine glaciale sous le verglas ! Encore heureux que je ne me sois pas cassé une jambe ! Avec plus de 39 de fièvre, je ferais mieux de rester couché !

Bon récapitulons ; pas de viol ; pas de vol ; je peux donc éliminer d'ores et déjà le crime crapuleux et privilégier la thèse du règlement de compte ou de l'amant jaloux.

Aucun indice autour du corps, rien, que dalle, nada! Pas même une épingle à cheveux ! Voilà qui ne me simplifie pas la tâche ! Mais comme il faut bien commencer par quelque part, je vais aller voir le commissaire qui s'était occupé de l'enquête, sans succès, il y a 11 ans. »

lundi 2 juin 2008

Fidéline butine sur le net (extrait)

FIDELINE : 100 ANS

28 juin 2000.

Un léger rayon de soleil entrecoupé de nuages entre dans ma chambre, filtré par les lourdes tentures de velours grenat tirées sur les deux fenêtres à petits carreaux. La pénombre tapisse les murs de gris bleuté et ajoute une note de mystère à l’atmosphère silencieuse de cette pièce si grande et si haute. J’entends le vieux carillon Westminster du salon doré égrener huit coups. Je m’étire.

Tototte et Tina étalées de tout leur long sur mon lit à baldaquin, ouvrent un œil, baillent, interrompant un cour instant leur ronronnement. Zoé la plus vieille des trois chattes, assise comme une grosse potiche couleur caramel aux pieds de mes pantoufles, attend que je me lève pour lui donner un bol de lait. Pourtant, aujourd’hui, j’ai bien envie de fainéanter parce que c’est mon anniversaire: j’ai 100 ans. C’est étrange de dire cela : j’ai 100 ans, j’ai un siècle. Lorsque l’on est adolescent, on attend avec impatience ses 20 ans comme un cap qui doit ouvrir les portes de la Liberté, du savoir, de l’indépendance alors que ce n’est qu’un jour de plus d’apprentissage de la vie. (Il faut que je recherche si le mot « apprentissage » veut dire « apprenti - sage ».)

Mais on n’attend pas 100 ans.

Tout de même, 100 ans.

346 cahiers de journal intime ;

36525 jours…

Pas plus ?… j’ai dû me tromper dans ma multiplication : 365 par 100, cela fait 36500, plus 25 pour les années bissextiles : 36525 jours.

Tiens, je m’attendais à des millions de jours… Finalement, vu sous cet angle, 100 ans, ce n’est pas énorme, c’est moins impressionnant, plus à l’échelle humaine. Je me sens rajeunie tout à coup...


****

JOURNAL INTIME DE FIDELINE : 20 ANS

J’aime beaucoup ma nouvelle coiffure. J’ai vu cela dans un journal de mode. Tout le monde change de tête pour conjurer le cauchemar de la guerre. Comme je n’ai pas d’argent, je me suis fait moi-même une coupe courte avec frange, pas trop mal, et j’ai badigeonné mes cheveux avec du sucre détrempé pour changer la couleur; j’ai laissé sécher des heures au soleil. Cela les a caramélisés !

Fidéline, appelle Maman, Tu as une lettre.

J’arrive.

Qu’as-tu fait à tes cheveux ?

Je voulais ressembler à la photo du magasine. C’est joli qu'en penses-tu? ?

Mais avec quoi les as-tu teint ?

Du sucre.

Tu exagères Fidéline, le sucre est encore rare ; nous sortons de la guerre.

C’est pour cela Maman, que j’ai voulu changer. Je ne veux plus penser à l’horreur. J’ai eu trop peur. La vie, c’est du rire, du mouvement, du changement. D’ailleurs, j’ai envie d’apprendre les rythmes rapides des nouvelles danses : le fox-trot, le charleston. Je veux m’acheter une jupe courte qui tournoie et écouter du matin au soir et du soir au matin les jazz-bands américains. Je veux être modiste pour les grandes dames. Je rêve de me perdre dans ce tourbillon. A 20 ans, je suis en plein dans ma Quête du Bonheur !

Qu’est-ce que c’est que cette idée d’être modiste alors que tu as passé le concours de l’Ecole Normale et ça veut dire quoi « quête du bonheur » ? Une nouvelle lubie ; une de plus ! Et puis méfies toi, peut-être que ton tourbillon n’est qu’un mouvement de balancier qui s’envole dans l’autre sens ? Prends garde à ne pas t’échouer dans un autre extrême.

Et si Maman avait raison ; si tout cela n’était qu’un autre déséquilibre tout aussi dangereux que la guerre. Pourvu que cela ne veuille pas dire qu’après cette euphorie reviendra le temps de la destruction.

Tiens, voilà ta lettre.

C’est sûrement la réponse à mon concours. Je ne l’ouvre pas ; je veux être modiste.

À SUIVRE...