La Comtesse de Bragada et son grimoire

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jeudi 14 février 2008

LOUISE (suite)

Dimanche.

Il bruine.

Louise retrouve aujourd'hui au creux de l'estomac, cette douce nostalgie qui suit le départ de l'ami avec lequel elle a été si bien.

Sans prise de pouvoir.

Sans langueur.

Sans regret remué.

Dans le déroulement naturel d'elle et de lui, côte à côte, bavards, rieurs, présents ensemble à chaque moment différents vécus.

Le printemps sur trois jours...

Ce soir dans la maison, elle a tout éteint. Louise circule à tâtons et écoute les bruits inconnus des différentes pièces, les craquements du bois entreposé dans la cheminée, une infime goutte d'eau dans l'évier, une poche de papier qui peut-être se détend et quelques autres bruits insituables.

S'arrêtant, debout, dans la nuit de son habitation, Louise promène sa pensée sur quelque chose, se disant qu'elle existe ainsi en son absence. Louise mesure la clarté de la nuit, qui, à force de regarder, éclaire en pénombre ces lieux, où les reliefs deviennent différents. À tâtons encore, mais en se souvenant de la place des choses par terre ou sur les marches de l'escalier, Louise est montée jusqu'à sa chambre et retrouve son fauteuil dans le calme de la pièce.

La lueur rouge du radio-réveil indique 22H44. Dans le noir, Louise dit cet éternel "je vous salue Marie..." se surprenant à demander protection... "faites que..."

Louise ouvre les yeux... ouvre les bras... Se ressent seule, coulée dans une fragilité essoufflante.

Elle tombe alors là, figée, ne vivant dans son sang que l'essence de chaque souvenir.

FIN

Josine 1934-2006

dimanche 3 février 2008

LOUISE (suite)

La sonnerie du téléphone fait sortir Louise.

Elle s'enveloppe dans le peignoir d'éponge attrapé au vol. Court jusqu'à la chambre.

Elle se laisse chûter sur un coussin.

C'est le souffle enjoué qu'elle chante "Allo"? dans le combiné...

...Et Guillame répond par un rire.

L'ensemble de la pièce se met à tourner dans l'émotion que ressent alors Louise.

En fermant les yeux, elle écoute cette voix rauque, chaude et mâle.

Guillaume arrive...

Ce fut une douceur extraordinaire pour Louise que de retrouver sur le visage de Guillaume, cette odeur de terre, de ciel, d'eau, de liberté, d'ailleurs.

Son souffle lent et large effleura l'oreille de Louise qui se sentit enveloppée d'une tiédeur rassurante, lui indiquant l'envie de Guillaume pour elle.

Louise écouta son cœur taper plus fort. À fleur de peau, elle sentit une tiède transpiration suinter sur ses flancs.

Une indulgence toute ronde a attendri ses émotions et être avec lui à son toucher, a été là sa seule raison d'être en vie.

Lorsque la pulpe de la lèvre a posé un frisson mouillé sur sa paupière, elle a pensé qu'elle avait raison pour la vie, de connaître Guillaume.

À SUIVRE...

Josine 1934-2006