La Comtesse de Bragada et son grimoire

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jeudi 30 août 2007

COSETTE

LOUISE sert très fort COSETTE sur son visage.

Une émotion profonde. COSETTE est en chiffon, née pendant la guerre. Seul le visage est en porcelaine et a dû être violemment maquillé. Ou peut-être que ce sont les couleurs vives que LOUISE, la petite fille, a badigeonné sur sa poupée. Particulièrement les yeux, on voit qu'ils ont dû être bleus, par dessus, une peinture noire écaillée. LOUISE se souvient qu'elle a toujours préféré les yeux différents des siens, si clairs, si verts, parce qu'une copine lui a dit, un matin en allant à l'école: "on dirait que tu n'as pas d'yeux!". Alors COSETTE s'est retrouvée avec des yeux noirs et toujours LOUISE a cherché et aimé les yeux sombres.

Ses cheveux sont en paille, poupée de guerre et une frange maladroite a été coupée sur ce front de faïence. Le reste du corps est du chiffon empaillé, si souvent soigné, caressé, touché, manipulé, habillé, déshabillé qu'il en est tout sale, bien sûr!

50 ans après, COSETTE est toujours vêtue de cette robe de cotonnade grège parsemée de fleurs minuscules et multicolores avec un empiècement froncé en haut, les volants de l'épaule s'en échappant. Aussi ce chapeau de paille, léger à grands bords retombant sur ses yeux, décoré d'un ruban fleuri. Les chaussons très sales ont été roses.

Serrer ainsi COSETTE contre elle lui est un moment réconfortant. Cet objet si complice doit retenir en lui toutes les forces de la jeunesse, toutes les intentions d'amour de cette petite fille maternelle qu'a été LOUISE.

Josine 1934-2006

mercredi 29 août 2007

Audinette dessine sur les murs avec ses doigts

jeudi 2 août 2007

Une journée à la plage

Le ciel s'éclaircit, de plus en plus, un rayon de soleil perce, c'est bon! Préparez palmes et tubas, bateau gonflable, pelles et seaux, nous partons à la mer! Dans la voiture s'entasse pèle-mêle serviettes, parasols, crèmes protectrices et passagers. Pas le temps de petit déjeuner, nous achèterons des croissants sur la route. Et roulez jeunesse!

Durant les deux heures que dure le trajet, ça chante, ça se chamaille, ça dort et enfin, au détour d'un virage, MER! MER!

Dépêchons-nous de nous installer avant le débarquement de la foule. Une serviette par-ci, un parasol par-là, voilà, le camp est monté. Au tour du bateau à être gonflé... qui a vu le gonfleur? Dans son sac à elle? Non, dans le sien? Pas plus. Mais enfin, il doit bien être quelque part ce gonfleur tout de même!

Récapitulons, tu es allé le chercher dans le garage et qu'est-ce que tu en as fait après? Tu me l'as donné? Ah bon?... Oui... peut-être... et je l'ai posé où ce fichu gonfleur?... Réfléchissons... Je me revois le poser... sur le toit de la voiture! Bon autant dire que le gonfleur vit sa vie quelque part entre la maison et la plage.

OK, je m'y colle pour gonfler le bateau à la bouche. Sous le soleil qui commence à cogner , j'ai la tête qui tourne à force de souffler dans ce machin en plastique dont le goût est vraiment beurk! Je vais faire le tour de la plage, bien malchanceux si personne n'a un gonfleur a me prêter...

Bon, ce n'est pas la peine de jouer au loto aujourd'hui vu la chance que j'ai: sur les 3000 pelerins mollement allongés sur le sable, pas un seul n'a un gonfleur! Bon, le bateau, il va revenir dans son carton et la prochaine fois, ceux qui ont l'intention de s'en servir feront attention au gonfleur... et non, je ne m'en sers que pour vous accompagner, par mesure de sécurité pas par plaisir!

Le problème du bateau étant réglé, rien de tel qu'un bon livre sous les rayons de Râ...

Tiens, d'où vient-il ce nuage qui refroidit d'un seul coup toute la plage? Il est gros en plus! J'enfile une petite laine le temps de son passage. Et maintenant, un petit vent de mer qui se lève. Il n'est pas bien chaud ce petit vent qui passe sur les ondes encore fraîches du fait du temps détraqué. Mais il va falloir faire avec parce que deux heures de route, on ne les fait pas pour cinq minutes!

Tout le monde cherche un moyen de tenir sur la plage: s'agiter en jouant ou mettre un gilet en attendant que le soleil revienne. AH non! arrêtez de courir ça fait voler du sable et maintenant j'en ai plein les yeux et entre les pages de mon livre!

En début d'après-midi un rayon de soleil illumine la plage, d'un seul geste et dans un ensemble parfait, tout le monde dégaine sa crème solaire et se tartine. Des odeurs agréables de monoï se mélangent avec des parfums âcres de crèmes croupies et largement dépassées. Puis une ruée vers l'eau s'organise et voilà le sable déserté.

L'eau semble froide mais je me décide quand même à rejoindre le troupeau tout crémé. Le premier orteil dans les ondes me donne la température des flots: c'est à friser l'amputation et un frisson glacé me parcourt des pieds à la tête mais étant à la mer, je dois me baigner. J'avance d'un centimètre par minute, c'est dur! Pendant ce temps mais je ne le verrai que bien après, insidieusement, le soleil se reflète dans l'eau et donne à ma cuisse droite non crémée (vraiment, quelle idée de huiler ces parties!) une orientation homard très tendance quand on prend le soleil pour la première fois de l'année.

Au bout d'une demie heure, j'ai de l'eau jusqu'au ventre. Là il va falloir faire quelque chose. Je compte: un... deux... trois! D'un coup je m'immerge, plouf une fois, plouf deux fois, plouf trois fois, plouf quatre fois jusqu'au cou (le dernier c'était pour ma copine qui n'avait pu venir avec nous). Impossible de nager, j'ai les dents qui claquent, les poils au garde à vous, non, finalement je sors.

Oh non, le soleil disparaît à nouveau et je grelotte, je n'ai pas eu le temps de me réchauffer et les serviettes sont trempées! Une seule solution, se rhabiller mais il faut d'abord me changer. Plongeant dans les sacs les uns après les autres, une évidence se fait jour: le rechange joue l'arlésienne et doit trôner magistralement sur la table du salon à la maison!

Trois serviettes mouillées valent peut-être mieux qu'une, j'essaye mais ce n'est pas gagné car elles sont pleines de sable qui râpe. Bon, faisons contre mauvaise fortune bon coeur, j'ai froid, tant pis pour le sable.

Ne pouvant reprendre la lecture du fait de mes tremblements, je regarde un monsieur qui joue avec son chien: il lui envoie un bâton dans l'eau et le chien tout content va le rechercher. Spectacle amusant un moment mais au bout de la dixième fois, je passe à autre chose et ainsi je ne vois pas le brave toutou s'approcher de moi et, plein d'eau, se secouer pour s'essorer! Maintenant, sur la plage, il y a un chien sec et un moi tout mouillé!

Et voilà qu'un adolescent pubertaire en pleine mue vocale me hurlent dans les oreilles et cela résonne tel le cri d'une mouette en pleine pêche.

Au loin sur l'horizon proche, les mixeurs de la mer (certains appellent pompeusement cela des jets-skis) envahissent la plage du bruit de leur moteur et de relents mazoutés.

Plus près, deux fillettes décident de prendre le large dans leur petit bateau. (Non, j'ai déjà demandé s'ils avaient un gonfleur mais comme ils sont sur place pour la semaine, ils ne l'emmènent pas avec eux). Donc les fillettes partent témérairement à force de coups de pagaies et de grands adieux pour une grande aventure qui déjà s'achève par l'accostage d'une dame, emberlificotant les rames dans les bretelles de son maillot arlequin.

Avec tout cela j'ai toujours froid.

Bon, la mer, ça suffit pour aujourd'hui, on rentre, gelés, du sable plein les orteils, des puanteurs de mazout plein les narines, des cris plein les oreilles, du sel plein la peau et des coups de soleil presque partout sans vraiment avoir eu chaud!

Bon, demain, on reste à la maison et on se regarde un film, ça c'est vraiment les vacances!

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