La Comtesse de Bragada et son grimoire

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vendredi 20 juillet 2007

Sur mon épaule nue...

L'autre jour

Sur le bout de mon épaule nue

Il a soufflé

Furtivement...

Et je l'ai suivi


***

Les yeux fermés nous avons voyagé sur toute notre peau

Par de longs effleurements

Les frissons ont fait un chemin de p o i n t i l l é s...

Et je l'ai suivi

Jusqu'à ce cri grave et large

Dans lequel se sont mêlés les malheurs

Et le BONHEUR


***

Aujourd'hui

Sur le bout de mon épaule nue

Une mèche de mes cheveux défaits trace un frisson

En souvenir...

Josine 1934-2006

lundi 16 juillet 2007

UNE HEURE PLUS TÔT

Le grand Haroun Tazieff disait: « la mort rentre par les habitudes ». Me remémorant cette phrase, ce matin, je me suis levée une heure plus tôt pour faire entrer la vie puisque j'ai bouleversé une habitude. Et comme je crois que nous sommes ce que nous pensons, j'ai espoir de m'être accordé un peu plus de futur et pourquoi pas l'éternité!

Toujours est-il qu'une heure de plus dans l'emploi du temps, et bien, c'est un véritable chamboulement.

j'ai aperçu bordant l'abîme de la nuit, très furtivement au détour d'un nuage tout rond, l'éteigneur d'étoiles avant qu'il n'endosse son costume d'allumeur de soleil longeant à la manière d'un funambule, les crêtes aiguisées du matin.

J'ai participé au grand rassemblement journalier des insectes assise en tailleur sur une fleur en porcelaine, rassemblement où ils accordent leurs stridulations pour chanter à l'unisson, improvisant ainsi une fanfare farfelue annotée sur un « la » venu des cieux.

J'ai assisté également à un spectacle de pirouettes d'ombres et de chats tagués, rafistolant tant bien que mal le voile de nuit qui se déchirait inéluctablement.

Et j'ai vu de mes yeux vu, les Anges et Séraphins corriger à la main nos copies raturées d'Êtres humains brouillons.

Il y avait une telle magie dans cette heure plus tôt saupoudrée de poussière d'innocence et aromatisé au sirop d'âge tendre que je ne savais où donner de la tête. J'ai consigné alors dans mon petit calepin d'une plume de tourterelle trempée dans une perle de rosée: me lever une heure plus tôt quelques matins pour découvrir et réaliser le monde merveilleux dont je rêve.

mercredi 4 juillet 2007

Frangipane

Dernièrement, une irrépressible envie de frangipane m'as prise. Je me suis alors jetée à corps perdu sur la toile pour trouver La recette qui saurait me convenir. Ce fut chose aisée et rapide après quelques "clics" bien ciblés.

Puis j'ai réuni les ingrédients, ajusté mon tablier et mes lorgnons et la magie culinaire a commencé: 125g de poudre d'amandes, 125g de sucre glace, 100g de beurre mou, 2 oeufs et 2 cuillères à soupe de rhum pour le tant pour tant.

1/3 de litre de lait, 3 jaunes d'oeufs, 100g de sucre, 2 sachets de sucre vanillé et 50g de farine pour la crème pâtissière. Ça marche. Puis réunir les deux. Tout va bien.

Bon, certes j'ai eu la main un peu leste avec le rhum car je me suis faite avoir par un "gloup" exhalé du fin fond de la bouteille ouverte depuis des lustres. Qu'importe, me dis-je, le tout mélangé, il n'y paraîtra plus.

Erreur!

Me jetant sur ma crème telle la grenouille sur le moustique à l'heure du goûter, je la dégustait fiévreusement les yeux fermés. Je concède quand même que la charge en rhum se sentait incontestablement. Mais pour autant, cela n'enlevait en rien le délicieux de ma frangipane. Peut-être simplement que j'en avalait moins, car le rhum la corsait un peu trop et l'alcool n'est pas ma tasse de thé (le thé non plus d'ailleurs, mais cela est une autre histoire).

Donc, en plein milieu d'après-midi, je savourais ma frangipane avec délice, tranquillement... quand le téléphone sonna: Je devais me rendre urgentement sur les plateaux de tournage du dernier Harry Potter afin de remplacer le chasseur de mouche, malade. Sans lui et sa capacité à détourner des objectifs des caméras les affreuses mouches cabotines, c'était prendre le risque de devoir retourner une même scène mythique avec Sirius Black, Voldemort ou un portoloin cent vingt mille fois voire à l'infini! Imaginez alors le budget nécessaire au tournage complet du film: devoir les nourrir, les blanchir, les loger et apaiser leur vanité! Quel bazar!

N'écoutant que mon courage de sauveresse à la saint-bernard, prenant tout juste le temps de mettre ma crème au frais et de chausser mes bottes de sept lieues, me voici en route pour les studios.

En arrivant sur le plateau, et que je te bisouille à droite et que je te bisouille à gauche, soufflant au passage dans les narines de l'équipe, des relents fortement rhumés!

À cinq heures de l'après-midi, il ne fallu pas plus de quelques bises et une renommée de saint-bernard avec son tonneau d'alcool, (surtout d'ailleurs rapport au tonneau d'alcool autour du cou), pour me forger une solide réputation de pocharde moi qui n'apprécie l'alcool que dans les pâtisseries!