La Comtesse de Bragada et son grimoire

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lundi 14 mai 2007

La soulaine 3

Il s'agit d'une jeune femme... entièrement nue...

Elle est allongée les pieds dans l'eau fraîche, pleinement livrée aux caresses du soleil. Ses yeux sont clos, sa bouche entr'ouverte, son souffle saccadé, ses jambes largement écartées, ses mains parcourant ses courbes dans l'attente du plaisir.

Marchambeau ressent alors une chaleur agréable dans le bas de son ventre et dans un mouvement de va et vient instinctif, il se frotte contre la racine émergée du tronc d'arbre qui le cache.

En lui monte le désir de rejoindre cette femme pour se perdre en elle...

Là il pense à sa fiancée... « NON, je ne dois pas.. ».

Fermant les yeux, il invoque tous les saints pour le libérer de cette envie: « ...délivrez-moi de la tentation, je vous en supplie, je ne veux pas succomber... »

Détournant le regard, il se relève et retourne à sa pêche en plein milieu du Fauls. Tentant de se concentrer sur sa ligne, sa vue se trouble et il ne voit pas le gros poisson qui mord à l'hameçon...

À SUIVRE...

jeudi 10 mai 2007

BOIRES ET DÉBOIRES À LA CITÉ ROSE 10 & fin

- « Je dois te demander de me livrer le corps afin que je le ramène dans son caveau. Requiescat in pace perinde ad cadaver, qu’il repose en paix comme un cadavre !»

" Mais tu n’as pas deviné, Romain ? Il n’y a plus de corps ! »

Alors là, j’y perds mon latin.

-« Que veux-tu dire, plus de corps ? »

- « Il n’y a plus rien, oualou ! J’ai payé pour qu’on ne l’achève pas. Il n’était pas mort lorsqu’on l’a déposé dans le caveau. »

-« Oualou ? »

- « Pas de corps, pas de délit. » ajoute Oualou, « En vérité, Morvandius, je te le dis, omnia vincit amor, l’amour triomphe de tout, comme l’on dit dans ta langue. »

Je crois que je suis en train de comprendre:« Tu es ille vir, tu es cet homme, Oualou , c'est cela? »

MORVANDIUS ET RAMINOUGROBIS

Et bien voilà, Raminougrobis, une enquête qui ne changera pas la face du monde, qui restera ignorée de tous et s’achève en compagnie d’un corps ressuscité. Finalement, je préfère ça. C’est vrai, les histoires de cadavre, c’est pas mon truc.

Bon, cette fois-ci, ma réputation est bien finie : Morvandius, celui qui n’achève pas son travail !

Peut-être ferais-tu mieux de te choisir un autre maître : je comptais sur cette enquête pour nous renflouer, mais là, c’est pire que tout, je dois trouver de quoi rembourser les avances que mes inquisitions ont bien entamées, n’ayant pas satisfait mes commanditaires! Alors, mon pauvre Raminougrobis, si tu ne veux pas mourir de faim, adieu !

Bien sympathique ce petit couple, tout de même, et elle, des yeux langoureux, un sourire enjôleur, un corps... un corps que même dans mes rêves les plus fous, je n’avais osé imaginer ; ah que j’ai aimé notre rencontre !

Peut-être que j’irai m’établir à Pétra ; peut-être qu’elle a plusieurs sœurs ; peut-être que je pourrai être d’une quelconque utilité à Oualou...

Allez viens Raminougrobis, compagnon d’infortune, si tu n’as pas peur de changer d’atrium ni de vie, ta place est à mes côtés !

Acta est fabula, la pièce est jouée.

FIN.

lundi 7 mai 2007

LES TRIPLETTES DU QUARTIER BOUFFON 14

« Avec plaisir. Voici comment faire:

Faites crever un quart d'orge mondé dans un litre d'eau bouillante pétillante. Lorsqu'il est cuit, passez-le et mettez-l'eau dans une bassine; ajoutez à cette eau pétillante une livre et demie de cassonade. Mettez la bassine sur feu vif jusqu'à ce que votre sucre atteigne la cuisson du grand cassé. Versez alors cette pâte en ruban sur un marbre que vous avez préalablement huilé, et, lorsque la pâte est maniable, c'est-à-dire un peu refroidie, coupez-la avec des ciseaux en faisant des morceaux longs de huit centimètres à peu près; roulez ces morceaux avec la paume de la main et faîtes-en des bâtons. Voilà. » termine Bélami.

« Mais attendez un peu Demoiselle Grumluth, » réfléchit Dom Félissé, « Pourquoi vouloir la recette des sucres d'orge pétillants quand il vous est si facile de les faire grâce à mes pouvoirs? »

...Mais déjà, Grumluth a pris la poudre d'escampette.


*****

« Pourquoi donc ai-je fais cela? » se reproche-t-elle, fonçant à vive allure sur son balai, « Qu'est-ce qui m'a pris de faire cela dans le dos de mes soeurs. Maintenant me voici à devoir les persuader de bien vouloir rendre ses pouvoirs à Dom Félissé dé la Pampa, ce Cher Dom Félissé dé la Pampa, ...qui a un charme époustouflant, il faut bien le reconnaître; Par ma foi, je le trouve très beau, même en crocodile, je ne m'en étais jamais aperçue auparavant, je devais être trop jeune. Il a un je ne sais quoi de craquant. Peut-être son caractère tout en douceur.. » Et toute rêvasseuse, la triplette atterrit auprès de ses soeurs qui l'attendent, impatientes.

A SUIVRE...

mercredi 2 mai 2007

FIDÉLINE BUTINE SUR LE NET 24

Le Maire semble avoir enfilé des chaussures à bascules tant il tangue d’avant en arrière entre les serveurs qui se faufilent agilement tels des danseuses. Pour un peu il donnerait le mal de mer. Il paraît avoir déjà bien profité des rafraîchissements alcoolisés servis depuis le début de la réception. Il faut dire que maintenant le soleil tape et qu’il fait soif. Il me crachote dans le nez quelques postillons qui dégoulinent sur mes lorgnons tout propres et que discrètement j’essaye d’essuyer du revers de la main. Il me félicite pour ma coiffure très « dans le vent » et après quelques banalités échangées ainsi qu’un sonore baiser d’anniversaire qui m’assourdit l’oreille, il me prive de ses généreux postillons et s’en va les desservir à une de ses adjointes qui n’attend que cela.

En fait tout le monde se fiche pas mal de moi ; il s’agit plus pour eux d’une occasion supplémentaire de boire un coup que de mes 100 ans. Tant mieux, j’en profite pour me retirer prétextant mon grand âge, non sans remercier une dernière fois Monsieur le Maire pour son élogieux discours et l’organisation de la réception. De toute façon nous nous revoyons lundi prochain pour l'inauguration.

Je suis bien contente de rentrer ; je dois reconnaître que les mondanités, ça fatigue.

JOURNAL INTIME DE FIDELINE : 1921-1925.

Aujourd’hui je me sens nerveuse, je commence ma formation chez le célèbre modiste de la Place Esquirol, Alfred Pons, élégant, rondouillard et moustachu. Pourvu que tout aille bien.

J’apprends à tailler un patron à partir de la simple mesure d’un tour de tête ; J’apprends à tirer et à façonner la feutrine sur les formes à l’aide de la vapeur ; J’apprends à assembler sans que cela se voit ; J’apprends à reproduire les modèles d’Alfred Pons ; J’apprends à faire ce que j’aime.

1922. Je progresse chaque jour dans mon métier à tel point qu’Alfred Pons lui-même remarque mon travail. Il me confie le poste de responsable d’atelier et m’autorise à personnaliser à ma façon certains de ses modèles un peu à la traîne.

Hiver 1925. Ouverture du dancing l’Albrighi. Je décide d’y aller avec des copines de l’atelier. Je fais exprès de porter le petit chapeau cloche au bord de devant retourné sur lequel j’ai attaché en éventail des plumes de paon, chapeau que j’ai moi-même créé après la fermeture. Une très jeune femme, blond cendré, le visage anguleux, le sourire avenant, vient à ma rencontre. Elle s’appelle Yvonne Quérinde ; elle crée des bijoux et n’y va pas par quatre chemins pour me demander de m’associer avec elle pour monter notre propre maison de modiste en associant la feutrine, les plumes et les bijoux.

Je ne puis me décider si vite ; je veux réfléchir ; je vais danser le fox-trot.

Au milieu de la piste se secoue un jeune homme aux yeux bleus qui, à force d’excentricité, finit par me donner un coup de coude entre les omoplates. « Puis-je vous offrir un verre pour me faire pardonner et admirer votre joli minois sous un chapeau si original ? Lui c’est Jules ; Jules Dupart. L’on se reverra sûrement...

A SUIVRE...