La Comtesse de Bragada et son grimoire

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mercredi 28 février 2007

Un jour de pluie

Je croyais que la pluie, c'était quelque chose d'ennuyeux, seulement un bon moment pour les vers de terre, les escargots et les grenouilles à qui je ne ressemble pas. Jusqu'au jour où une gouttelette dégoulina de mon front tout au bout de mon nez pour goutter sur mes lèvres. Instinctivement d'un rapide coup de langue, je la fit chavirer au plus profond de mon gosier et c'est là que la magie opéra: toute déshydratée, fripée, défraîchie que j'étais sans m'en rendre vraiment compte (à 652 ans on perd quelques notions élémentaires), cette goutte de pluie réveilla en moi une soif de vie. Le chemin qu'elle empruntait le long de mon corps ranimait des souvenirs tellement enfouis qu'au début cela me fit peur. Au fur et à mesure que la gouttelette descendait je me sentais rajeunir parce que je me rendais compte que ces souvenirs résonnaient (ou raisonnaient) toujours en moi, les bons comme les mauvais et que finalement j'étais construite de tout cela et que, même s'il y avait des moments douloureux, le meilleur était d'être vivant.

Maintenant, à chaque jour de pluie, au lieu de râler contre elle, je sors offrir mes mains, mon visage, ma gorge à toutes ses gouttelettes tout simplement parce que c'est bon. Heureusement qu'il pleut encore quelques fois!

mardi 27 février 2007

Récréation

Voici une première réalisation en pâte à sel, décopatch et arbre en perles.

lundi 26 février 2007

La maudite de Souberbal 1

Vraiment, vous ne connaissez pas la Maudite de Souberbal?

Une sacrée histoire en vérité!

J'en fus l'un des témoins...

Pourtant, je me demande si je n'ai pas rêvé:

imaginez,

une histoire de fantômes,

cela ne peut être que dans les légendes

Diable non!

Ecoutez plutôt...


*****

Les moissons venaient de s'achever sur les pentes de Souberbal.

Les villageois avaient pour habitude d'en célébrer la fin par un bal. C'était là l'occasion pour les célibataires de trouver femme avant les rudesses de l'hiver.

La fête avait bonne mine: tout le monde portait le costume traditionnel et tous riaient, chantaient, dansaient.


*****

Elie était beau garçon et en âge de se marier. Les filles de Souberbal le savaient et elles espéraient toutes... Les danses se suivaient mais il n'avait toujours invité personne. Qu'attendait-il donc?

Jeanne essayait pourtant d'accrocher son regard par des effets de jupons. Adèle papillonnait des cils en lui envoyant son regard de velours.

Mais Elie ne semblait voir personne.

Quand vînt la traditionnelle danse des Liadours, il se décida. Traversant la piste sans prêter la moindre attention à Rose-Marie, ni à Madeleine ou Hortense, il enleva Margot qui se tenait dans l'ombre. Timide, le rose aux joues, elle ne le quitta pas des yeux de crainte que si elle les fermait, toute la magie du moment disparût et Elie avec elle.

Il l'avait choisie; il la prenait pour femme.

A SUIVRE...

lundi 19 février 2007

Trente ans après...

C'est si bon de retrouver des amis après tant d'années... et en même temps c'est déroutant: comment faire pour superposer l'image de l'adolescent d'avant avec celle de l'homme d'aujourd'ui? Cela ne colle pas! Non pas qu'il ne se ressemble pas, non, non, pas du tout, il ne faudrait pas qu'il s'imagine avoir changé au point de s'être perdu, mais tout simplement parce qu'il manque un linéaire dans l'évolution. Comment d'hier est-il parvenu à aujourd'hui, lui à l'époque si petit et maintenant tout grand? A cloche pied, en ballon sauteur, avec un élastique? Boudu, tout cela embrouille.

Bon, heureusement, l'humour, la gentillesse et la simplicité ne l'avaient pas quitté. OUF, pas de doute, c'est bien le même!

jeudi 15 février 2007

Le Houérou du Riou Moulé 4

Le père de Guilhaumette entendit le Houérou annoncer:

« Plus qu'une, maître,

Et je serai immortel et invincible.

J'anéantirai les Hommes pour régner sur ce Monde

et de ces jeunes filles soumises que j'engrosserai,

naîtront mes sujets! »


*****

Tout devenait clair à présent pour le père de Guilhaumette: sa fille était la dernière vierge nécessaire au Houérou pour réaliser son dessein machiavelique. Il devait empêcher absolument qu'il la possède.

« Mais comment faire?

Je suis trop loin du village pour aller chercher de l'aide,

je suis seul! »

« Non » répondit une voix caverneuse. « Nous sommes avec toi. »

Le père se retourna d'un bond et découvrit les fantomes des ours, massacrés par lui-même et les villageois de Montcaup.

« Comment est-ce possible?» articula-t-il, tremblant.

« Notre mort était injuste.

Si nous décidons de t'aider, c'est pour te donner une chance de voir les choses autrement,

à toi et aux tiens,

afin d'éviter de recommettre l'irréparable. »

« Vous ne m'en voulez pas? »

« La rancune est humaine. »

« Vous voulez m'aider par générosité? »

« Par justice . »

« J'accepte avec joie et je fais serment de vous honorer. »

La bagarre s'engagea alors...

Face aux fantomes, le Houérou ne put rien. Il tenta pourtant, s'agrippant de toutes ses forces à Guilhaumette.

Mais les ours ne lui laissèrent aucune chance.

Son corps fut livré aux aigles.


*****

Aujourd'hui les villageois de Montcaup ont élevés une statue à la gloire des ours, sur la place du marché. En guise de remerciements, chaque jeune fille qui se marie lui fait une offrande.

FIN.

jeudi 8 février 2007

JANE

JANE est au fond de moi

mon indispensable liaison

ma dépendance

avec toutes les passions

les exclusivités

les espérances d'éternité

les colères

les douceurs

les baisers

JANE nourrit ma vie

me remplit

m'éclate

me fait rire

me raconte sa vie

me donne ses souffrances

D'une anecdote en fait un scénario

d'une mort en fait du dérisoire

d'un éternuement en fait une colère

Je ne sais laquelle sécrète l'autre

tout devient cordon ombilical

et je sais bien que TOUT et PARTOUTJANE

vient,

vit

passe

parle

regarde

TOUT et PARTOUT est et restera « la maison de mon enfance »

CAR JANE EST MAMAN

et tant qu'il y aura MAMAN

le monde entier sera « la maison de mon enfance »

JOSINE 1934- 8 février 2006

vendredi 2 février 2007

Mots d'enfants

"Moi j'aime bien la "chambre de l'heure"" a déclaré Clarisse "parce qu'on mange des crêpes! On peut refaire la "chambre de l'heure" demain parce que je veux manger des crêpes tous les jours?!"

Petite chanson de mon enfance:

La veille de la Chandeleur

l'hiver se meurt ou prend rigueur.

Si tu sais bien tenir la poêle,

à toi l'argent en quantité,

mais gare à la mauvaise étoile,

si tu mets la crêpe à côté.